Voici, grand malheureux, ce que tu as raté en ne venant pas jeudi. Merci en tout cas aux autres et rendez-vous au 18 décembre, Old School.
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Très envie de répondre à JS, Nicolas et Mao sur Allen, mais pas eu le temps ce week-end. Il faut aussi que j'écrive un peu sur Two Lovers (cf twitter).
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J'ai tenu 20 minutes et à la poubelle (cf le dernier album de Kanye West). Je dois reconnaître que t'avais raison, avant deux ans d'avance (concernant le devenir-tuné du rap)
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D.Chou part à Belfort demain pour présenter son nouveau film, Expired. En attendant, et alors qu'il a déjà presque fini de monter le suivant et que le tournage de celui d'après a commencé (!), et que le scénario de celui d'encore après est en cours d'écriture (!!) et que deux autres sont en développement (!!!), voici son premier film pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de le voir (n'hésite pas à laisser un commentaire, quel qu'il soit, ça lui fera plaisir). (pendant ce temps, nous, on termine péniblement les 15 pages de scénario de Far From Manhattan commencé il y a un an...)
C'est ce texte là qui m'a mis la puce à l'oreille.
(...) Qu'est-ce qu'un Américain qui veut faire des films "à l'européenne" ? La réponse est sèche : un homme perdu. L'étoile de Woody Allen a pâli chez lui, ses deux ou trois derniers films ont tendu vers le bide distingué. C'est en général une raison pour, ici, les aimer. J'ai un peu essayé - en vain. Voir x c'est assister au spectacle de quelqu'un qui, pour raconter des choses graves, se croit obligé de les ponctuer d'histoires salaces afin de ne pas perdre son public en cours de route. Nous sommes ce public, prêt à rire ou à penser, mais pas à passer artificiellement de l'un à l'autre. (...) Woody Allen s'est toujours mis en scène comme un obsédé sexuel, névrosé et le sachant. Il espérait par là tromper son monde. La tromperie n'était pas qu'il soit obsedé sexuel (état respectable s'il en fut, propice au meilleur cinéma), mais la pauvreté reichienne de ses obsessions. Il est moins (comme on l'a dit sans grand mérite) amoureux de lui-même que de ce que ses orgasmes lui révèlent (croit-il) sur lui-même, les femmes et le monde. Il est la caricature de ce que Lacan cartonnait sur ses vieux jours : l'obligation de jouir, parce que c'est bien, et hygiénique. Cette hygiène fait rire comme gag, elle déprime un peu comme idéologie (rien de plus hétéro-triste), elle acable comme principe esthétique.
Dans x, tout participe, non de la recherche effrenée du plaisir (comme Bergman ou Renoir, hommes de théâtre et non de cabaret), mais de la recherche de la satisfaction. Il en découle une vision pornographique du monde. Je m'explique. La pornographie n'est pas en cause : il en est de carnavalesques, il en est même de sacrées. Mais il en est aussi de sinistres. Lorsque tout est mis en oeuvre dans l'attente d'un plus qui ne vient pas (ou trop tôt ou trop tard), lorsque les effets comiques, le trop de beauté des paysages, les moments poétiques volés au temps, la nostalgie poignate sont - à égalité - la recherche de la satisfaction esthétique, cette sublimation bien connue. Lorsque le cinéaste nous prend à témoin de ses progrès de cinéaste.
Car si le détail est toujours vrai (et même drôle, piqué, lelouchien), l'ensemble est toujours faux. Si le babil des personnages est bien restitué et les acteurs plus que bien dirigés, les sentiments sont fabriqués, sacrifiés au besoin d'un scénario marivaudeur. Si les restes de cabaret sont bien conservés, le grand discours implicite sur "l'amour de la vie" jusque dans l'au-delà est pompier. Ce n'est d'ailleurs pas très grave : nous observons tous les jours cette étrange coexistence de la justence "en gros plan" et de la fausseté "en plan d'ensemble", lorsque nous voyons de vrais films pornographiques ou cette pornographie de la marchandise qu'est la publicité. Nous n'avons pas besoin de l'ombre de Shakespeare et du fantôme de Bergman pour en rire comme il se doit, vite et bien.
(...) Il y a un grand désarroi à être guéri du besoin de faire rire. Une grande tristesse à mimer la solitude de l'artiste alors qu'on en aime que le folklore.
Didier Péron sur Vicky, Christina Barcelona ? Non, Serge Daney sur Comédie érotique d'une nuit d'été, 1982.
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Je suis mort de rire. En fait, t'as ta tête du matin après le réveil LB, 17:13:57, 18/11/2008
J'ai réécouté les deux singles de Kanye West, par exemple, et non, c'est pas possible. J'écoute ça depuis tout à l'heure, j'essaie de me forcer à aimer, au moins à apprécier, mais mes oreilles saignent, poignardées par cette cochonnerie d'auto-tune. Il faut tuer T-Pain, sérieusement. Un mec qui s'appelle T-Pain déjà... Et comment peut-on accorder la moindre crédibilité à quelqu'un qui déclare ça en interview (le 3e paragraphe, inouï, et la fin aussi) ? C'est aussi con que du Mesrine (le film et le personnage)
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En parlant de Mesrine, je ne suis pas convaincu par Richet parlant de mise en scène chez NK. Tout ce qu'il dit sonne creux. Et reste très banal : "alors moi, ce qui m'intéresse - attention mesdames et messieurs - c'est... le point de vue et la place de la caméra !". Wow. Puis il dit : "Je ne suis pas fasciné par Mesrine" - bullshit. Il est totalement fasciné (et dépassé) par Mesrine, c'est évident, ça crève l'écran. Et puis Cassel... le T-Pain du cinéma, le type qu'a un vocoder greffé sur la bouche. T'as remarqué que quoi qu'il arrive, que ce soit dans Mesrine, La Haine, Sur mes Lèvres, Derailed ou Doberman, il prend toujours cette même voix ridicule, du type bourré en fin de soirée HEC, comme disait judicieusement KB l'autre jour.
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Rien à voir, mais le LOL du mois à TI et Rihanna pour leur magnifique sample d'O-Zone. Et petit lol pour Jay-Z et son sample Véronique Sanson
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Rappelle-moi de parler un peu du Estwood et du Allen. Et aussi de faire mon flop five 2008 dans la foulée
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J'ai commencé à regarder Pirates 2 : The revenge of The Stagnettis. C'est sublime. Le porno ne devrait jamais être autre chose que ça.
...and pregnant ! Il faut absolument que tu ailles lire son blog. Si tu n'y pas accès, fais-moi penser à te le recopier et te l'envoyer. Il faut de toute façon qu'on se remette à le lire régulièrement. Elle y écrit des trucs désarmants, sur sa nouvelle vie à Austin, sur sa maladie qu'elle n'espère pas trop grave, sur son nouveau matelas garanti 20 ans, sur son procès gagné au prud'hommes, etc. On l'a laissé quelques mois, et tant de choses ont l'air de lui être arrivées.
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(il n'y aura plus jamais les critiques de DVD sur le site?)
Toute proportion gardée, The return est au film de fantôme ce que Lost Highway était au film noir : une revisite ultime du genre, en quatrième vitesse et à tombeau ouvert (l'aubaine pour des fantômes), un film-cerveau où temps et espace se court-circuitent, un geste maniériste abstrait et désespérément beau, d'une inventivité visuelle sidérante, à l'intersection de l'art plastique le plus conceptuel et de la série B la plus vile. Le scénario, élémentaire (une jeune fille revit sans cesse le trauma d'une autre fille décédée) a déjà été écrit, filmé cent fois ; c'est que toutes les histoires ont été racontées, et il n'en demeure aujourd'hui que des fantômes errant dans l'esprit de cinéastes possédés. Asif Kapadia, comme beaucoup, est hanté par Hitchcock, ses transferts de personnalité (Vertigo), ses bourgades intemporelles (Les oiseaux), ses bâtisses hopperiennes et ses escaliers flippants (Psycho), ses croisements routiers au milieu des champs (La mort aux trousses), tous éléments convoqués ici de manière spectrale, comme délavés, rouillés. Le décor de The return n'est, au fond, qu'un décor de cinéma, une installation à ciel ouvert dont il semble impossible de s'échapper, et son héroïne une pure idée (le présent condamné à revivre le passé) incarnée dans un corps éternellement adolescent, celui de la belle Sarah Michelle Gellar. Un choix de casting particulièrement pertinent puisque outre la chasseuse de vampires, SMG fut l'actrice de The Grudge de Takashi Shimizu (le film est explicitement cité vers la fin), autre maniériste tortueux explorant cette idée du film de fantôme comme remake circulaire, obligation à refaire sans cesse les mêmes gestes. Sorti de nulle part, Asif Kapadia frappe très fort dès son second film ; une apparition fulgurante qui n'est pas sans rappeler celle d'un autre indien, lui aussi obsédé par les fantômes...
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Tu m'excuseras, mais je n'ai plus très envie d'écrire sur Bond, trop de temps a déjà passé. Disons seulement, pour faire vite, que ce qui m'y a séduit théoriquement, au-delà de l'évidence attractivité de Daniel Craig, c'est l'absence totale de lisibilité - flagrante dans la première scène où on met 10 minutes à comprendre qui est qui, et qui pourtant est très efficiente, très significative aussi - prenant acte, après 24, Bourne, la trilogie T.Scott et Miami Vice (et aussi d'une certaine façon Speed Racer) du brouillage généralisé des cartes et de la dissolution des corps dans le cinéma d'action américain (en tout cas le plus intéressant). Undercover, out of control, in limbo, liquid, etc. Du coup, je ne peux pas être d'accord quand avec toi quand tu écris "Marre de ces cinéastes qui court-circuitent l'espace plutôt que de le mettre en tension". Je pense que tu commets la même erreur qu'avec Miami Vice (même si ce dernier s'élève très au-dessus de Bond, hein). L'abandon de la lisibilité n'est pas une perte, ou un défaut : c'est une nouvelle donne esthétique (et politique), et il va falloir s'y habituer.
Quand l'espace est applani (par exemple sur une carte électronique), annihilé, abstrait, éclaté et que le corps n'est plus qu'un vague treillis de lignes plus ou moins contigues à cet espace, dissout lui aussi, alors ne restent que les visages peu expressifs, les visages seuls comme réceptacles des joies et souffrances. Ce que démontre admirablement cette pub, la plus belle (plus belle même que le film, je te l'accorde) vue depuis...
Bond, le martyr hi-tech, nous éloigne des acquis picturaux de la Renaissance pour nous rapprocher de l'iconographie religieuse médiévale : visages peu expressifs sur corps immobiles dans espaces plans (enfin pas tout à fait, ça mériterait développement). Le film qui pousse le plus loin cette tendance étant bien sûr le meilleur film de l'année, Speed Racer.
Au-delà de cet attrait théorique, j'ai pris mon pied tout le long, sauf quelques scènes de gras brosnanien tel que la bataille d'avions au dessus du désert de Potosi, suivie de la ridicule et attendue révélation sur les richesses aquifères qu'il recèle. Toute la fin, dans cet hotêl dubaï style au milieu du désert, me semblent en revanche très belles (et j'adore Amalric sautant sur Craig à la hache). Et puis t'as vu, la piste M/Mum se confirme (she's my mother, or so she believes)...
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Ces comédies ne sont souvent que des copies plus ou moins aimables (et adroites) des films les plus ordinaires de Cukor ou de Borzage. Dans sa volonté d'annoblissement, la politique des Horreurs brasse tous les vieux concepts et affuble d'habits quelque peu ridicules des films (parfois charmants) qui n'en demandent pas tant -encore heureux qu'ils n'en demandent pas tant, sinon ce serait comme le dernier woody allen : très mauvais ; ndla - Qui le premier a eu l'idée, par exemple, de qualifier Sans Sarah rien ne va de comédie de remariage (euh...) ? Non seulement Stanley Cavell n'a rien à voir là dedans, mais c'est en plus l'une des choses les plus laides et plus mal jouées que l'Amérique ait produites depuis Independence Day.
Pierre Léon, Trafic Automne 2008
Tiens, c'est vrai ça, c'était pas si mal Independence Day.
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On pourrait y aller ensemble, j'hésite JWL, 02:00:02, 15/11/2008
Les mecs, c'est fini les conneries ? Pourquoi "Kaherk" se retrouve deuxième keyword de mes statistiques avec 39 occurences ? Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi ? Sinon, "François Sagat" est troisième requête, peut-etre même deuxième si on compte toutes les différentes occurences. Et dans le genre bizarre : "argumentaire d'une crème de jour".
Gosh ! C'est la version bêta de mon texte sur Beyoncé qui a été publiée, par erreur Voici la vraie :
Cyber Girl Le dernier clip de Beyoncé est sorti et, foi de fan, on n'avait pas vu plus hypnotique déflagration en noir et blanc depuis, disons, My Love de Justin Timberlake ou Like a boy de Ciara – par « dernier », on entend bien sûr Single ladies, et pas son envers mielleux sorti le même jour, If i were a boy, dont on préférera ne rien dire par déférence. Celle qu'il faut désormais appeler, parait-il, Sacha Fierce y gigote majestueusement en juste-au-corps dans un décor ultra-minimaliste, entourée de deux clones exécutant avec elle une féroce chorégraphie robotique, apparemment pompée sur un standard des sixties. Qu'importe, à vrai dire, qu'elle se soit inspirée d'un clip existant, tant la fascination exercée par celui-ci tient avant tout à sa cohérence vis-à-vis d'une filmographie établie. Pour la première fois en effet, la chanteuse y assume sa vraie nature, que l'on soupçonnait depuis longtemps sans oser la formuler : Beyoncé Giselle Knowles est un Terminator. C'est un détail qui nous a mis sur la piste, une légère brillance au centre du cadre dont la caméra, posée sur un bras mécanique, cherche continuellement à se rapprocher sans oser le faire, tel un chat rôdant autour d'une souris joueuse. Il faut attendre le tout dernier plan, sur le couplet « All the singles ladies / Now put your hands up », pour avoir la révélation : le bras de Bee est bel et bien cyber, le même, exactement, que celui de Schwarzy 25 ans plus tôt, avec le grincement caractéristique quand elle remue les doigts. Désormais tout s'explique et l'on comprend mieux son extraordinaire discrétion dans les tabloïds (à l'inverse de Britney ou Amy, qui prouvent chaque jour qu'elles sont faites de chair et de sang), sa perfection en toute occasion (en dix ans de carrière, combien de gaffes a-t-elle commise ?), son problème d'incarnation, enfin. Arrêtons-nous un moment sur ce dernier aspect. A la vision de ses clips, et plus encore de son film Dreamgirls, où il faut vingt bonnes minutes pour l'identifier tant elle y est affadie, quelque chose cloche : elle y semble comme absente à l'image, et, plus grave, interchangeable (replaceable), comme peut l'être, donc, un robot fabriqué en série. Les réalisateurs chargés de ses clips l'ont d'ailleurs compris, eux qui la confondirent avec Shakira dans Beautiful Liar, la transformèrent en Jay-Z le temps d'un couplet dans Upgrade U, et s'amusent globalement à changer son look 24 fois par seconde (dans Ring The Alarm typiquement). Beyoncé peut faire ce qu'elle veut, se déguiser à foison, se trémousser autant qu'il lui plaît, se faire appeler Sacha Fierce, Bee ou Giselle-Z, l'image, elle, ne ment pas, et on sait désormais que son petit nom est T-800. Mais comme c'est un joli nom, on lui pardonne ses cachoteries, en espérant qu'elle nous montrera plus que son bras la prochaine fois.
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Et on va me faire croire qu'il s'agit d'une coincidence ?
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Tout bien réfléchi, Halo est pénible et Vidéo Phone fatigante à la longue. A part un clip, vraiment rien à sauver donc.
Hier soir au Zénith, jouaient Pharcyde, De La Soul, Mos Def, et Nas. Je le répète, parce que ça me semble invraisemblable : Pharcyde, De La Soul, Mos Def et Nas. Pratiquement pas de médiatisation (si je n'avais pas travaillé ce soir-là, sans savoir à l'avance ce que j'allais voir, je serais d'ailleurs passé à côté). A peine 4000 personnes pour un des évènements musicaux de l'année. Chacun a tenu de son rang, c'était grand. Comme je sais que tu adores le hip-hop « cool » (...), je t'ai fait cette petite compilation spécialement :
Et ce beau clip de Spike Jonze (pour Pharcyde) que je n'avais jamais vu
Ca m'a consolé du désastre d'I am Sasha Fierce, le dernier Beyoncé. Une face de sucreries où rien n'est à garder (Halo à la rigueur). Une face de vitamines où ne surnagent que Single Ladies et Video Phone (et Sweet Dreams à la rigueur). T'avais raison. Merde.
Enfin c'est pas une raison pour encenser cette cochonnerie (c'est infâme non ?) Si elle est durable (cf. jurisprudence Jay-Z), la retraite de Lupe Fiasco, le meilleur rappeur en activité, est un très sale coup porté au hip-hop.
Le cinéma est toujours (disons depuis quelques films) menacé chez Tony Scott : par sa propre enflure dans Man on Fire, par la télé dans Domino, par le jeux vidéo dans Déjà Vu. Mais au lieu de se barricader dans une tour d'ivoire (cf. la thèse nauséabonde du cinéma comme « citadelle assiégée », cf. « les pères Fourras de la critique »), il n'a de cesse d'affronter « l'ennemi », de lui piquer ses fringues, de les déchirer et de les porter, comme si de rien n'était. Undercover ? Dans Les prédateurs, premier film sublime avec Deneuve et Bowie (la nymphe éternelle et l'androgyne immortel), il s'agit de se plonger corps et âme dans l'esthétique publicitaire 80's la plus kitsch (même à l'époque de sa sortie) pour la faire imploser, à grand coup de filtres bleus, d'effets de transparence, de pianos et de ralentis.
Il faut voir, par exemple, comment une scène au bord du pompiérisme claydermanien (vers la fin, Deneuve embrasse goulûment Sarandon, avec une musique classique – je ne sais plus laquelle – en fond sonore), se transforme sans crier gare en film gore, puis de carrément en film de zombie, lorsque les anciens amants sortent du placard. Comme si Evil Dead s'invitait au milieu d'une pub Jacques Vabre. Le marbre blanc du palais semble toujours menacé de ployer sous son propre poids, d'être altéré par la tâche, une tâche de sang, qu'il faut s'empresser de nettoyer de peur qu'elle ne s'étale sur tout l'écran. Il y a dans Les prédateurs une lutte incessante entre bon et mauvais goût, pureté et impureté, une « lutte pour la domination » comme le dit un des médecins à Sarandon à propos de ses globules rouge. Contamination, d'une race par une autre, d'une esthétique par une autre, de la surface par la profondeur, ou de la surface par un autre type de surface. Le montage, syncopé, privilégiant les lignes de fuite à la narration, l'image au plan, faisant se télescoper les couleurs, les matières, le textures, les esthétiques, accentue cette impression. Je me demandais cet après-midi ce qui différenciait Tony Scott du Oliver Stone de U-Turn et Tueur-né ou du Luc Besson 80's : l'absence de roublardise militante en ce qui concerne le premier (Tony Scott est trop fasciné par ce qu'il filme pour jouer la carte, pseudo-subversive, de la dénonciation du pouvoir des méchantes images, blablabla) ; le refus de la candeur crétine pour l'autre. Pas dupe, mais pas béat non plus. Il y a chez lui la pleine conscience de se baigner dans l'eau la plus sale et néanmoins la volonté conjuguée d'en sortir absout. Et d'en sortir le cinéma grandi. Daney disait des clips qu'ils étaient comme les bandes-annonces de films qui n'existent pas. Les films de Tony Scott sont les bandes-annonces de films qui n'existent plus. Temps de tourner la page ?
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J'ai revu Dernier Maquis (décidemment immense) au MK2 Beaubourg. C'est la dernière fois que j'y fous les pieds. C'est le pire cinéma de Paris, j'espère sincèrement qu'ils finiront par le fermer un jour. Je ne sais ce qui est le pire : que les sièges y soient si inconfortables, qu'il ne respecte pas les obligations techniques (en terme de proximité de l'écran, de qualité sonore), que les films s'y interrompent si souvent au beau milieu (sans aucune excuse, jamais), que le personnel y soit si désagréable ? Non, le pire, c'est la faune, les gens qui fréquentent cette salle. La moitié de la salle ricanait pendant tout le film. Même quand rien ne prêtait à rire, ils riaient, ils se sont sans doute dit qu'ils allaient voir le film chic du moment, mais visiblement c'était trop pour eux, pas assimilable. Alors ils ricannaient (quand ils ne sortaient ou ne ronflaient). Bien entendu, ce sont les mêmes crevards qui vomissent sur le forum des halles, qui n'y foutent jamais les pieds de peur d'y croiser des "jeunes de banlieue", qui trouvent le lieu "anxiogène" et infréquentable (moi je m'y sens bien aux Halles, vraiment, surtout au sous-sol, à l'Orient-Express, ou au MacDo, où on peut surfer sur internet gratuitement), qui ne supportent pas les "bouffeurs de pop-corn" (parmi les centaines de fois où je suis allé à l'UGC Halles, je n'ai été emmerdé que 3 fois par des bouffeurs de pop-corn) (en revanche jamais je n'y ai vu un tel mépris pour le film, jamais).
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Maria tient à ce que donne ce lien http://www.notspeakinginmyname.com/
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Pour une fois, c'est moi qui donnerait des nouvelles à D.Chou : oui, je deviens chauve, mais j'ai encore un peu de temps. Je crois.
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Jacky ! 22 fois le même texto ! Qui ne doit pas m'être destiné en plus. Continue bien. Je quitte le lac Léman ce soir. B.B., 13:17:52, 06/08/2006
Merci beaucoup à GM qui a bien voulu faire le flyer. Et à GiJu qui a, un peu malgré lui, trouvé le titre définitif (à moins qu'un vote massif en faveur de Jacky Comedy Club ne s'exprime dans les 12h - sache que ton vote à toi ne comptera pas, je sais bien que tu veux la mort de ce ciné-club).
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James Bond, c'est très très bien (j'y reviendrai) Vicky Christina c'est très très nul (j'y reviendrai aussi) Et Pineapple Express, tout en étant décevant, n'est tout compte fait pas si mal. Très bon même. Disons que c'est le film d'Apatow qui, le plus clairement, entérine les théories parotopiques. Et W, finalement, j'ai plus envie d'en parler. L'interview d'Oliver Stone par SK, qui pas une fois ne parle de cinéma, en est la meilleure critique, indépassable. Il faudra peut-être aussi, si j'en ai le courage, dire deux ou trois mots sur Mesrine et Coluche. Parce que quand même... Sur le Eastwood, je renonce, vu il y a trop longtemps (à Cannes) et aucune envie de m'y replonger. Cette jouissance de la mise à mort (quoique tu en dises, il y a bel et bien jouissance, pour le moins jouissance d'être du bon côté, du côté des justes. Tony Scott dans Man on Fire, au moins n'essayait jamais de faire passer la vengeance de Denzel Washington pour la justice), ça n'est tout simplement pas acceptable. Ca me donne envie de cracher sur tout Eastwood, tout jeter, tout (tu sais comme je suis, je ne peux pas m'en empêcher).
*** Mon top11 est presque fini, ce n'est plus qu'une question d'ordre des films. Idem pour le flop5
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D.Chou n'a pas de psoriasis. Mais c'est pas passé loin.
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On déjeune des Bagels demain ? J.S. 19:19:05 04/11/2008
Regarde, au bout de 2'22", c'est ce qu'il m'est arrivé jeudi en sortant de chez ma merveilleuse nouvelle dentiste :
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La date du 1er rendez-vousdu ciné-club est fixé, le film aussi, reste le nom. Si tu as une dernière géniale de dernière minute, vas-y, c'est le moment, parce que pour l'instant on n'a rien de fou. Je te remercierai jamais assez. Et si, pour le flyer, une bonne âme maitrisant Photoshop pouvait se manifester, je lui en serais infiniment reconnaissant, à tel point qu'une invitation à vie au ciné-club lui serait offerte...