mercredi 13 mai 2009

Here i come

Cannes j'arrive !
(j'avais promis un billet par jour)

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Que dire sur Star Trek après ça ?

lundi 11 mai 2009

Chung Kuo

(Tu vois que j'écris pas que sur des films mineurs ?)

A propos de ses Carnets de voyage en Chine, rédigés en 1974 et récemment édités, Roland Barthes écrivait : « Si je les publiais ainsi, ce serait exactement de l'Antonioni ». Barthes venait alors de passer plusieurs semaines en Chine en compagnie d'intellectuels mao (dont Philippe Sollers) et s'était trouvé confronté à la même impasse esthétique que son « cher »* confrère, un an plus tôt : derrière le voile idéologique (particulièrement prégnant en Europe à cette époque), ne semblait se tenir qu'un vide existentiel, expérience radicale de l'ennui retranscrite par une litanie de non-évènements. Sauf que l'impasse, inhibante chez l'essayiste qui refusa de publier les carnets de son vivant, allait se révéler particulièrement stimulante pour le cinéaste italien : lentement et méthodiquement, tel l'accouchement sous acupuncture pratiqué au début du film, Antonioni édifia un documentaire, long de 3h30. Commandé par la RAI en 1972, avec l'aval du gouvernement chinois alors désireux, au plus fort de la Révolution Culturelle, de créer ce qu'on n'appelait pas encore un buzz, China Chung Kuo est l'exact inverse d'un film de propagande : plutôt une coulée contemplative sans l'once d'un message à délivrer, un regard alerte, à la poésie diffuse mais indélébile. Un film d'Antonioni donc, incontestablement plus biseauté que biaisé. A l'époque, personne ou presque ne l'aima, ce documentaire, trop naïf pour les uns, trop peu militant pour les autres. Le maestro di Ferrara en gardera d'ailleurs rancœur, ou du moins une franche désillusion, qu'il tentera d'épancher dans Profession Reporter, son film suivant et l'un de ses plus pessimistes – se souvenir du documentariste joué par Nicholson, embourbé dans le sable, en plein désert (du sens).

C'est qu'Antonioni n'a jamais été pas homme d'appareil, si ce n'est ceux qui tournent en 35 mm. Arrivé sur place avec son équipe, il est immédiatement flanqué d'une armée de vigiles, lui conseillant de filmer tel monument, l'empêchant de filmer tel autre, et ainsi de suite durant les huit semaines nécessaires pour traverser le pays, de Pékin, à Shanghaï. Une pression qui n'est pas forcément violence physique, mais qui est constante, insidieuse, totalitaire en somme. Contraint, le cinéaste résiste alors comme il peut ; sa première arme, la vitesse : il filme ainsi jusqu'à quatre-vingt plans par jour, le plus souvent caméra à l'épaule ; il lui arrive aussi parfois de cacher celle-ci, pour dit-il « saisir les lieux dans leur réalité quotidienne » ; surtout, il multiplie les zooms et les panoramiques, afin de trancher dans la foule, et d'en extraire – blasphème maoïste – des individus. Il filme alors des femmes, des ouvriers, des enfants, des vieillards, tous ceux qui passent devant sa caméra, de bon ou mauvais gré. Plutôt qu'une divagation sur l'incommunicabilité – concept valise auquel on a trop souvent réduit Antonioni –, La Chine est surtout une affirmation de la nécessaire humilité du cinéma face au réel, de son incapacité à le saisir entièrement, scientifiquement (ce qu'auraient souhaité, au fond, les détracteurs du films). Cette symphonie de visages hébétés, le plus souvent illisibles et néanmoins sidérants, est ainsi contemporaine de la photo du crime cent fois agrandie de Blow Up, ou du documentaire perdu/retrouvé dans Profession reporter, dans lequel un sorcier africain provoquait un trouble existentiel chez Nicholson en retournant simplement la caméra : entre le cinéma et le réel se niche un hiatus, qu'on peut effleurer mais jamais réduire. Antonioni affirmera plus tard qu'il n'avait pas « cherché à comprendre La Chine, seulement à la voir » ; dans cette affirmation réside toute sa modernité, faisant du film, rétrospectivement, une oeuvre importante de son auteur et un des plus extraordinaires documents sur ce pays désormais au centre des attentions.

*Barthes écrivit une célèbre lettre, publiée dans les Cahiers du cinéma en 1980 : « Cher Antonioni ».

@Trois Couleurs

Saint Tallahassee

Tu as raison, c'est à cause de facebook que je blogue moins. Ce que je vais écrire là, par exemple, je l'ai déjà dit sur FB, alors qu'il y a un an je n'avais pas ce réflexe et postais donc plus souvent ici. Je devrais me réserver pour FFM, mais l'immédiateté de FB et le sentiment de communion que ça procure sont tentants. Je vais essayer d'équilibrer néanmoins.

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La chanson qui a parachevé ma conversion à l'auto-tune :



T-Pain, oui, oui, je sais... Et ça alors ? Eh oui, je sais... Cette chanson me rend dingue, que veux-tu. Mais il m'aura fallu deux voyages pour en percevoir la beauté et la mélancolie. J'ai écrit un truc pour me justifier ce week-end, je te l'envoie prochainement (à mon retour de Cannes).

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A propos de Star Trek, je pense que tu te

Blame it on the Goose


Allez, une promesse (que je ne tiendrai pas) : un post par jour en mai. Voire deux par jours si besoin est. Hop.

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Il y a un an (anniversaire, etc), je commençais ce blog par un post sur les images de la banlieue et des émeutes : justice partout, police nulle part. J'ai enfin vu le chaînon manquant : Sur Place de Justine Triet – parenthèse ironique, le slogan « justice partout... » est prononcé plusieurs fois vers la fin du film, fin de la parenthèse ironique. C'est aussi elle qui a réalisé Solférino, sur lequel j'ai écrit quelques lignes dans mon compte-rendu de Brive : "Groupe, individus, mirages : ce sont également les motifs de Solférino, symphonie de visages esseulés parmi la foule et implacable documentaire de Justine Triet sur la dislocation du Peuple lors de l'évènement censé pourtant consacrer sa suprématie : l'élection présidentielle". Sur Place est une variation, plus courte, autour des mêmes motifs. J'avais envie d'écrire un truc dessus mais en faisant des recherches, je suis retombé sur ça, et sur l'analyse parfaite de Jo (sauf sur Stress, que tu sous-estimes, mais on ne va pas refaire le match). Hâte de voir la suite.

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A propos de quelques films vus récemment :


Revolutionary Road de Sam Mendes (vu dans l'avion) est la version ratée de Marley et moi, le même film, mais sans humour, avec les coutures dramatiques hyper-visibles et recouverte d'un vernis prestige, sa version « eh, moi j'ai vu Douglas Sirk, tralalalère » si tu préfères.

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High School Musical 3 (vu dans l'avion aussi) est tout à fait regardable, la seule question qu'il pose étant : « Quand Zac Efron va-t-il y faire son coming-out ? ». La scène que je prenais pour la pire dans 17 ans encore, celle où la fille à qui il vient de se refuser lui dit « mais en fait tu es... ? » / « moi ?? tu crois que je suis... ? Non, non, non ! » devient rigolote (je n'ose dire passionnante) à l'aune de l'homosexualité cachée de l'acteur. Apparemment, tout le monde le sait, qu'il est gay, mais moi je débarque. Du coup, je vais aller voir tous les Zac Efron movies pour vérifier s'il parvient à faire quelque chose de ce non-dit constitutif.

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Oui, évidemment que Nulle part terre promise est brillant, formellement, mais à quoi bon ? Cinéma du point de suspension, juxtaposant des trajectoires, les faisant se frôler, parfois, mais jamais se rencontrer, encore moins se télescoper... surtout ne pas brusquer la matière... rester extérieur (derrière des vitres), attentif aux sensations, la tête pleine de questions... Tout ça c'est bien, mais... mais on reste pétrifié par un sentiment d'impuissance (incarné par l'étudiante) et, plus gênant, de culpabilité (incarné par le cadre, insupportable) – la culpabilité est vraiment le pire moteur de fiction... Les personnages font la gueule, « parce que le réel fait la gueule » nous souffle-t-on dans l'oreille (un peu comme la photo au dessus)... Cinéma tétanisé... Alors bien sûr que c'est tétanisant le « problème des sans-papiers »... Bien sûr qu'on se sent con, tous les jours, en recevant les mails de RESF... Mais entre la bonne conscience de Welcome et la mauvaise conscience de Nulle part, on étouffe... De l'air... Au bout d'une demi-heure, j'avais juste envie de péter toutes ces vitres (comme Romero dans Land of the Dead)... envie de bousiller la petite caméra de la fille... envie de remuer le sale type d'HEC (« qui est aussi un être humain », me souffle-t-on dans l'oreille)... ou de le prendre dans mes bras... ou de voir ses entrailles dévorées par un monstre... ou, ou, ou – n'importe quoi, mais juste envie qu'il se passe un truc, qu'on arrête le surplace. Point.

(vivement la sortie de L'exil et le royaume, qu'on respire un peu)

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Dans la brume électrique est d'une radicale médiocrité, pire que ce à quoi je m'attendais. Certains passent leur vie à tenter de greffer le meilleur du cinéma américain sur des paysages français, Tavernier, lui, greffe le pire du cinéma français (sa qualité) sur des paysages américains. Comment a-t-on pu dire qu'il s'agissait d'une rupture dans son cinéma ? C'est exactement la même rengaine que toujours (et le passé qui ne passe pas, et le monde qu'il est pourri, mais heureusement qu'il y a des justes...), mais dans le bayou. C'est autant un film américain que Coup de torchon était un film africain... Tavernier est incapable de faire un plan, incapable de faire ressentir un climat, une pesanteur (et je sais que tu ne seras pas d'accord, mais le Téchiné était admirable sur la question du climat, justement). Les fantômes sont si mal filmés que mon père (il a adoré, mais il adore Tavernier en général) n'avait pas compris que ça en était. A un moment, je me suis dit que c'était pas mal des fantômes filmés comme n'importe quel vivant, sans rupture de ton, mais je ne crois pas que ce soit son ambition. Pire que les fantômes : les putes. Pas un plan pour elles, pas même un dialogue. Pour Tavernier, une pute c'est les cuisses écartées devant un gros libidineux écoutant du rap (au cas où on n'aurait pas compris qu'il était très méchant) ; ou dans un sac à macchabée, promptement fermé. Zip.

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Personne pour dire que United Red Army est un film abject ? Personne pour dire à quel point sa deuxième partie, le huit-clos, rappelle les pires heures de Costa-Gavras (disons L'aveu) ? Personne pour s'offusquer que le film pense en permanence à notre place, avec la pire des méthodes, l'épuisement ? Personne pour dire la musique de Jim O'Rourke est absolument ratée ? Non ? Non ? Non ? Bon. Eh oui, forcément, je me sens un peu seul. Tant pis. Nico ?

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Et rapidement, Tokyo Sonata est sublime, Ponyo aussi, quant à Still Walking, c'est très beau (les horreurs de mémé dites avec le sourire, comme chez Ozu), mais ça manque de... de quoi déjà ? Et puis Star Trek... Comment ça je ne parle que des films mineurs ?

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eheheh

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En jettant un coup d'oeil à mon gadget last.fm, juste à droite, je viens de voir un truc terrifiant : Grizzly Bear est à 28 hits de Beyoncé, 834 contre 806. Crap ! Je dois remédier à ça, hors de question que Queen B soit détrônée par une clique de nerds barbus géniaux.

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Ludacris est un génie. Il transforme tous ses featuring en or. Il parvient même faire swinguer la flasque Hudson, avec la complicité, il est vrai, de Timbaland. Timba qu'on n'a pas connu aussi bon depuis une éternité, enfin dépouillé de ses effets bourrins, tout en classicisme booty, ne signant le morceau que par ses bruits de bouche. La classe. Du coup je me suis fait un best of Ludaaaaaa


Ludacris

Tu connaissais "I need a boss" ? C'est chouette hein ? Ecoute-le avec les basses à fond.
Et depuis L.A., tu sais je me remets à aimer le rap/r'n'b contemporain ? Je te raconterai pourquoi tantôt.

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D.Chou a un les cheveux beaucoup trop longs, mais je suis hyper fier de lui. C'est La mort aux trousses sur ton mac ? Et c'est qui ce type à tignasse au premier rang (à part mon sosie y'a 15 ans) ?
Je voulais te raconter L.A. mais j'ai pas eu le temps avec tout ça. Demain ?

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« bon alors ces bières ? »
jsc et jml, 08/05/09, 02:21

dimanche 10 mai 2009

Year One


Il y a un an (et quelques...) ce blog commençait ainsi : « Je rêvais de créer un blog le 1er mai, j'ai pas eu le temps. Story of my life. ».

Bon. Je rêvais d'écrire ce post le 2 mai, mais j'ai pas eu le temps. Story of my life.

Qu'ai-je écrit en un an (et quelques) ? Quelques trucs sur le cinéma, beaucoup sur le r'n'b, un peu sur la politique, pas du tout sur la presse (oh, non, vraiment très peu) ; j'ai fait des tops, des flops, j'ai pris quelques photos, quelques vidéos, publié des sms, partagé de la musique et des clips, célébré mes statistiques et surtout, surtout, j'ai tenu le carnet de santé de d.chou. J'ai aussi fait plein de promesses que je n'ai pas tenues. Et ça, ça n'est pas prêt de changer (à ceux qui attendent toujours ma réponse sur woody allen) (téchiné, par contre, j'ai pas encore renoncé).

Voilà, c'est tout pour l'auto-célébration (c'est chiant les post d'anniversaire, non ?)

La vraie nouvelle, tambours et trompettes, c'est que Far From Manhattan / à suivre (lundi)

jeudi 16 avril 2009

Sembri piu giovane

Ce soir, j'ai vu Les nuits de la pleine lune, reprenant, à l'occasion d'une intégrale à la Filmothèque, le cycle Rohmer interrompu il y a un an. Je compte bien le terminer cette fois. Après la (relative) déception du Rayon Vert hier, pour des raisons difficilement explicables, Les nuits m'est apparu comme l'un des plus beaux films qui soient. De son auteur, de son pays, de son époque. Pas le courage de me lancer dans une critique à cette heure-ci, mais envie de te faire partager cette scène de danse, une des plus belles jamais filmées, qui à n'en pas douter va te rendre fou. N'ait crainte, je ne suis pas cruel, je vais me débrouiller à te faire passer le film par ta tante.



Tu conviendras que la moue de Pascale Ogier à 1:36 est à pleurer. Et son petit pas de danse à la fin... Laurent T nous confiait (j'étais avec KB à la projection) que Rohmer n'avait jamais, de toute sa vie, participé à une fête de ce genre (l'imagine-t-on jeune, de toute façon ?), et qu'il avait donc fait entièrement confiance à son actrice pour l'organiser. En faisant quelques recherches sur elle, je suis tombé sur cette chanson que Renaud avait composé à sa mort. Y'en a qui doutent de rien.
(demain matin, le pont du nord sera sur mon disque dur) (ça y est, le pont du nord est sur mon disque dur)

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A propos de disque dur, je laisse That's Life à disposition ici (mot de passe : andrews), pour ceux qui l'auraient raté au TNL.

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A propos de TNL, j'ai le choix entre le 7 et le 12 mai pour le prochain (pas le 21, à cause de Cannes). Le premier est un jeudi mais a le désavantage d'être une veille de pont, le second est un mardi : sondage, lequel préfères-tu ? Le film sera Super Nacho, ou Nacho Libre, de Jared Hess, en espérant pouvoir programmer Napoleon Dynamite pour cloturer la saison en juin. Tu as réussi à l'avoir au fait ?

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J'ai reçu ça, à propos de Tokyo Sonata :
"maintenant, je reviens à l'instant de tokyo sonata, je suis encore sous le choc, c'est magnifique, le murnau du dernier des hommes rencontre in fine le rozier de maine-océan et, par la grâce de chemins de traverse croisés et décroisés dans une lie sans fond, on se rend compte que ce n'était pas umberto d qu'on voyait, mais miracle à milan du même de sica, qu'on s'était juste trompé de film en fait, et que capra pouvait encore exister à l'époque des subprimes, que james stewart aussi pouvait repartir à zéro, et qu'il est japonais, et qu'il est filmé par ozu, et que kyoshi peut enfin, plus d'une décennie après les finalement mauvais cure et kairos, se faire un prénom et égaler son illustre homonyme, tant il y a in fine quelque chose de barberousse. (non, là tu bluffes, je reconnais quand tu bluffes). Et cette chorégraphie des plans dans la première heure, et les respirations finales... Ca fait 2 fois qu'on utilise le Clair de lune de Debussy, et ca fait 2 fois que ca fait mouche (où ça déjà ?). Mon numéro deux derrière button, sans problème. "
En complément du texte de JS, bien sûr.

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Et cadeau, rien que pour toi, preuve que j'ai gagné mon pari :


Ancora Tu from Raqi33 on Vimeo.

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"pourquoi ça tourne toujours au dîner de con avec toi est devenu une des meilleures scènes de pierre-nicolas. merci"
MM, 12/04/09 18:52