
Seulement 30 personnes au TNL hier :/ C'est rageant. Plein de gens seraient intéressés, je suis sûr, mais comment les toucher ? J'ai plein de relais pourtant, mais pas assez visiblement.
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J'ai passé plus ou moins toute la journée sur un portrait de Richard Kelly aujourd'hui (l'interview n'était pas très réussi mais ce n'est pas grave). Du coup j'ai revu Donnie Darko hier soir, et quelques passages de Southland Tales. Le point commun de tous ses films : on n'y comprend rien. J'avais le souvenir d'un film assez confus mais malgré tout intelligible, or à la revoyure, c'est évident : à moindre d'être un nerd passionné par les paradoxes spatio-temporels (Vincent ?) on n'y comprend que pouic. Et on s'en fout. Parce que le talent de Kelly est ailleurs.
Ce n'est absolument pas un talent de narrateur, contrairement à Shyamalan (à qui l'on pense fatalement devant The box), cinéaste économe dont la mise en scène déploie ses effets avec parcimonie ; mais plutôt un talent de prestidigitateur, multipliant les effets pour faire diversion, sans pour autant verser dans l'esbroufe, ce qui est très fort ; car si il y a une enflure chez Kelly, elle n'est jamais dans la mise en scène, toujours dans les scénarios, qu'il n'affectionne, jusqu'à présent, que tordus. Je te vois venir : et Shy alors, c'est pas un magicien ? Si, mais ses tours à lui, ils les déploient sur l'ensemble d'un film, dont chaque partie fait echo à toutes les autres. Chez Kelly, il y a un plaisir élémentaire de la séquence, un talent purement clipesque (comme la première scène de lycée dans Darko, avec Killing Moon) et si la cohérence de l'ensemble l'intéresse un peu (mais pas moi), c'est surtout la réussite de ses tricks qui compte. Au delà du pitch ("c'est la fin du monde, il est temps de faire des choix"... bon), son propos ne m'intéresse pas, mais chaque scène, prise à part, me trouble, m'émeut. Je pourrais en citer 15 dans The Box, mais une me touche particulièrement : lorsque Cameron Diaz enfile son nouveau pied. Ca ne sert pas à grand chose, le film ne serait pas bien différent sans ça, et en même temps c'est magnifique.
Maintenant, est-ce que je préfère Shyamalan ou Kelly ? J'aurais du mal à répondre, car les deux répondent à des goûts contradictoires : équilibre ou déséquilibre ? A priori, l'art de Shyamalan est plus abouti, mais il y a toujours quelque chose qui me séduit chez ces cinéastes boulimiques, saturés de références pop et incapables de simplicité. Ces cinéastes mutants, comme tu dirais (Tony Scott, par exemple, qui a fait un de ses meilleurs films avec Kelly au scénario ; ou J.J. Abrams ; ou Tsui Hark ou encore les Wacho...). Il faudra qu'on l'écrive un de ces jours, notre éloge du cinéma mutant...
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D.Chou m'a enfin donné des nouvelles ! Tu veux voir à quoi ressemble sa nouvelle femme ? C'est elle, derrière lui.










