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jeudi 9 juillet 2009

I'm just me

(à ne pas confondre avec celle-ci)

Aujourd'hui j'ai vu Au Voleur de Sarah Leonor. C'est très beau.

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Comme ça me gêne de mettre ça dans le même paragraphe, j'en fais un autre pour dire que j'ai aussi reçu/vu/trafiqué plein de films porno, et que j'ai eu le tournis pendant une grosse heure après que la P.R de M.D. (D.G) m'a dit que c'était open catalogue pour moi et que je pouvais choisir ce que je voulais. Comment se décider entre I Love Squirting, Bourgeoises dépravées (avec Sasha Grey) et Big Boobs Deluxe ? Hein, franchement. Du coup j'ai pris les trois (et d'autres aussi, dont je n'ose écrire ici le nom).
Sasha Grey, oui, la même qui m'a répondu un sublime "He likes tennis, tennis is cool" lorsque je lui ai demandé pourquoi elle l'admirait tant.

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Ne rate pas le meilleur feuilleton de l'été sur www.parotopie.com

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Absolument
D.D. 03/07/2009 16:14

mercredi 15 octobre 2008

GD

Depuis tout à l'heure, j'essaie d'écrire ces deux ou trois feuillets que j'aurais préféré ne jamais avoir à écrire, tu l'imagines, et les mots ne viennent tout simplement pas ; je t'envoie donc ce mail, peut-être que ça m'aidera.

Je regarde des vidéos de lui sur Dailymotion (tellement élégant face à Cauet), je lis le beau texte que lui a consacré Azoury dans Libé ce matin, je lis quelques déclarations plus ou moins heureuses (Albanel : "Personnalité riche et complexe, GD (...) en ayant beaucoup donné à sa passion pour le cinéma", peut-on faire plus nul que ça ?), et je regarde avec envie cette foutue mini-cassette qui conserve encore, je l'espère, une bonne partie de nos premiers échanges dans un hôtel cannois, en mai dernier. Hélas, je n'ai pas de quoi la lire - tu te souviens du fou rire quand je t'ai lu la transcription à l'appart, et aussi quand je t'ai raconté l'histoire du moteur à eau qu'il avait soi-disant inventé et revendu aux Indiens ? Je m'en souviens comme si c'était hier, de la gêne de P.S. (et de la mienne) durant la première partie de l'interview, puis de la tête de l'attaché de presse lorsque GD me demanda de rester un peu, pour discuter. J'ai jamais su, au demeurant, pourquoi il avait voulu que je reste...

Je replonge dans mes notes du tournage, sur lesquelles j'ai finalement mis la main. Je relis quelques phrases inouïes (Bowie c'est moi, c'est pour ça que je ne peux pas le tolérer, tu comprends, c'est un usurpateur), bribes de phrases (Je ne tue pas le père, Je te meurs d'envie), citations (Cioran : les bourreaux sont des victimes à qui on n'a pas coupé la tête), notes cryptiques qui le resteront à jamais (Led Zep - Béatrice Dalle - discussion sur l'amour) et gribouillages que je ne peux reproduire ici (une espèce de serpent qu'il s'était tatoué sur le bras, et un R, tatoué sur son dos, la veille avec un stylo bic ou je ne sais quel instrument de fortune, et qu'il s'était empressé de me montrer dès mon arrivée, fier de lui et tentant de m'expliquer qu'il s'agissait d'une blague contre Carla S ; je n'ai toujours pas saisi la blague). Et puis : "Eruption de volcan", c'est ce qu'il y a écrit tout en bas de ma page.

J'essaie de me souvenir des chansons écoutées sur son ipod ghetto blaster (qui crachait - c'est le terme - aussi bien du Zazie que du Radiohead, du Higelin - qui le fit pleurer à l'écoute de l'Illicite - que du NTM), mais une seule me revient, celle intitulée "Ma liberté". Il l'avait composé et s'apprêtait à la sortir sur son disque. "C'est la préféré de Gérard"

Je feuillette l'exemplaire du J'accuse de Zola qu'il avait tenu à m'offrir, après qu'on écouta, pendant deux bonnes heures agrémentées d'un Canard à l'orange, sa lecture peu académique du texte, enregistrée quelques semaines plus tôt aux Subsistances, à Lyon. Il dévie sans cesse de l'original, part dans d'interminables digressions - sur Sarkozy, la Bosnie, des secret-défenses inavouables -, digressions qui, comme c'est toujours le cas, constituaient le coeur de son propos. Il était très fier de cette lecture publique : elle lui valut, me dit-il, quelques projectiles et invectives de la part "bons gros bourgeois lyonnais". Je le feuillette donc, et découvre qu'à la dernière page, il avait écrit (à moins que ce ne soit R... c'est plutôt une écriture de femme) une adresse de restaurant et un petit plan pour y arriver. Oui, c'est sans doute R. qui l'a écrit : imagine-t-on GD dessiner un plan pour trouver un restaurant ?
"Monsieur le Président, Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches."

Je pense aussi à Far From Manhattan.

Je relis enfin le mail qu'ils m'avaient envoyé il y a un peu plus d'un mois, lui et sa compagne, pour me dire qu'ils étaient en Roumanie, que ça allait plutôt bien, malgré la chaleur et la fatigue, et que l'essentiel était que "chaque semaine (les) rapprochait de la musique". Et je repense à ce coup de fil surréaliste, reçu quelques minutes après la lecture du mail, alors qu'il débutait son tournage à Bucarest le lendemain, où il m'ordonnait, m'engueulant presque, de regarder Eurosport, le grand prix de moto GP où concourrait Valentino Rossi, et de lui donner le résultat dès que possible. S'il gagne, dit-il, je me tire, je rentre. Et Rossi gagna. Et le texto fut envoyé. Et il n'eût jamais de réponse.

J'aurais préféré qu'il tienne parole, ce con.

lundi 13 octobre 2008

L'homme qui marche (3)

L’HOMME QUI MARCHE

L’homme fait peur. Couvert d’un long manteau noir, la démarche chancelante, le visage creusé par la fatigue, son verbe jaillit par salves destructrices lors des conférences de presse de ses deux films sélectionnés à Cannes : De la guerre de Bertrand Bonello, dans lequel il interprète un membre d’une étrange secte, et Versailles de Pierre Schoeller, où il excelle en SDF avec enfant à charge. Guillaume Depardieu a, dit-on, “mauvaise réputation”. Il suffit pourtant de quelques minutes pour goûter son irrésistible affabilité (“Je me méfie du verbe et pourtant je ne fais que parler”), sa grande culture (il cite Nietzsche, García Lorca, JoeyStarr “le plus beau poète que je connaisse”…) et bien plus encore, sitôt les quelques questions d’usage posées.

Guillaume Depardieu donne peu d’interviews, mais lorsqu’il accepte, il joue le jeu. Quel jeu ? “La promotion ne m’intéresse pas, dit-il d’emblée. A Cannes, on te prend, on te jette. Moi je ne veux plus faire ça. Je veux raconter une histoire aux gens, avec mes mots, avec mon corps. C’est pour cela que j’ai perdu du poids avant de venir, pour ressembler à L’homme qui marche de Giacometti, tu connais ?”

La redingote finalement tombée, on aperçoit ses bras, des bras maigres en effet, meurtris, laissant paraître sous la peau albâtre une forêt de veines saillantes et magnifiques. Lorsqu’on évoque son allure fantomatique, il nous demande de préciser. C’est que le fardeau est lourd, le cliché tenace. Non pas un survivant, mais bien un fantôme : celui qui apparaît dans le cadre sans crier gare, pour en disparaître à volonté ; celui qui, paradoxalement, est l’acteur français le plus spectral et le plus incarné – disparition, présence. Il semble acquiescer. Lui-même se définit comme “asymétrique et politique. Regarde L’homme qui marche de profil : c’est un triangle, c’est la maison, la franc-maçonnerie, et de l’autre côté il a la tête qui avance, c’est la raison qui traîne le corps, le coeur. La notion de corps, je l’ai comprise quand j’ai failli le perdre.”

Bonello l’appelle son “beau guerrier”, ça l’amuse : “J’ai l’impression d’être un peu revenant, un peu mutilé, un peu guerrier, ça dépend. C’est là que le son intervient.” Un peu surpris par ce raccourci étonnant, c’est à notre tour de lui demander de préciser : “Les gens me disent que je suis flou. Moi, j’estime que je suis très clair et que les gens ont à faire un effort. Il n’y a plus d’effort, on vit dans une condescendance absolue.” Il se ravise toutefois : “Ce que je veux dire, c’est qu’avant les images, ce sont les sons, la musique qui me guident. Je vais faire un album tu sais ? Pour faire chanter les caissières de supermarché.” En insistant un peu, il accepte d’en faire écouter un échantillon, quelques spoken words accompagnés d’une mélodie au piano sur lesquels flotte l’esprit de Gainsbourg et de Daniel Darc. “Je vais aussi faire un film. Pas deux, ni trois : un seul. Bientôt. Ça ne parlera que de femmes, toutes les femmes que j’ai rencontrées dans ma vie, et particulièrement deux : Asia Argento et Béatrice Dalle. A Cannes, je ne mets pas de lunettes, car sinon, dès que je croiserais une femme, je la regarderais, et elle ferait partie du film…” Guillaume Depardieu est vivant, bien vivant. En marche.

Texte publié initialement dans les Inrockuptibles de Cannes 2008


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Découvrez Suprême NTM!

mercredi 25 juin 2008