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vendredi 9 mai 2008

Holding on for tomorrow

... le plus beau portait de la France contemporaine, cette histoire de types qui tournent en rond avec leurs petites motos, tu ne trouves pas ? Oui c'est vrai, me dit-il. Puis, alors que nous remontons la rue en direction de Ménilmontant, Jessie se demande pourquoi nous - au sens large - ne supportons plus les films "antonioniens" tandis que nous aimons antonioni, ces films dotés-d'un-vrai-regard-de-cinéaste, avec un sens-de-la-durée-et-du-cadre, une attention-aux-corps-et-décors (quelques noms au hasard : Wonderful town, Rome plutôt que vous... le second étant nettement au dessus du premier, nous sommes d'accord là-dessus) ? Pourquoi leur préférons-nous des films en guenilles, des films luxueux et néanmoins en guenilles, sans apparente plus-value artistique : The return, The mist, Sexy Dance 2, Never Back Down ?

La posture est vieille comme la cinéphilie, nous n'inventons rien, et le savons bien, d'une certaine façon, nous nous conformons même, nous nous conformons à l'anti-conformisme (la grande limite des Mac Mahoniens, comme le disait deux heures auparavant Jessie à Laurent, devant Christine). Mais pourquoi emprunte-t-on aujourd'hui, de façon irrémédiable, ce chemin là ? Pourquoi aujourd'hui ? Jessie, qui avait du préparer sa réponse bien avant de me poser la question, esquisse une hypothèse : ce qui manque au cinéma dit d'auteur (pour faire vite), c'est le glamour, ce glamour qu'on retrouve justement dans les films de fond de catalogue hollywoodiens (mais aussi chez Antonioni, Gus Van Sant ou Wong Kar Wai, précise-t-il), le glamour en guenille.

C'est vrai, lui dis-je, que la nuée de films du tiers-monde défendus par V. (cette huître), ces films qui au mieux nous ennuient, s'en foutent complètement du glamour. Ils font parfois, à la rigueur, l'effort de nous montrer des "images du monde" (comme les séances itinérantes de mon enfance, le cauchemar des mardi soir, les soirées diapo publiques où se pressait tout le professorat de ma bourgade), de jolies photos toujours parfaitement décadrées et étalonnées, comme dans ce film thaï vu hier. Des petites filles en jupe rose qui jouent à la corde devant un ciel gris-bleu à la l'impeccable nuagerie. Ou des "vagues invisibles montrées en gros plan pour être sûr qu'on ne les rate pas", comme disait McL. Alors, oui, évidemment, il a raison Jessie. Il a raison... Mais, tout de même, je me demande s'il ne l'a pas piqué à J.S. son idée de glamour....

Je relis son article et, tiens c'est amusant, l'agression du réel au bord du lac Léman dont il parle m'est familière... Je l'ai ressenti, à peu près à l'identique, il y a quelques semaines. Je crois même reconnaitre l'endroit où a été prise la photo. Impression de déjà lu. Tu ne me crois pas ? J'ai ramené la preuve.
















Nous finissons notre ascension. En haut de la colline, je fais remarquer à Jessie que notre discussion en grimpette s'apparentait à celles de Primrose Hill, ce film qui m'émeut au plus haut point mais qui, lui, le laisse absolument froid, l'agace même - il est rare qu'on soit si radicalement et si frontalement opposés sur un film, ça n'était pas arrivé depuis Transformers et le Chabrol. "Eh bien voilà, tu sais désormais ce qu'il ne faut pas filmer", me dit-il, goguenard. Puis, sans doute à cause de cette affiche de baby-sitter, il évoque Scarlett Johansson comme modèle glamour. Elle, l'actrice la plus surestimée du moment, elle qui n'a même pas la politesse d'être vulgaire, vraiment vulgaire je veux dire, et pas seulement avec sa bouche (la seule partie de son corps dont elle joue). Je lui réponds que Paris Hilton, l'actrice la plus sous-estimé du moment, sait, elle, ce que c'est que la vulgarité, la vulgarité classe, le glamour vulgaire, elle sait ce que c'est d'être classe et vulgaire et glamour - il n'a qu'à voir le magnifique Bottoms up s'il ne me croit pas. Sur ce désaccord irréductible, nous nous séparons. Et je pense à...

***

A faire :
- prendre des nouvelles du pustule sur le bras droit de D.Chou
- adaptateur wifi à Montgallet avec Jenny
- matelas
- prêt
- train liège
- simon
- un seul gros plan à la place des champs contre-champs ?!

***

Une réminiscence du concert de Portishead. Ou plutôt une chanson qui ne me quitte plus depuis.

free music

I met a lady, she was playing with her soldiers in the dark
Oh one by one she had to tell them
That her name was joan of arc.
I was in that army, yes i stayed a little while;

I want to thank you, joan of arc,
For treating me so well.

***
Tu vas dans une boîte R'nB' avec M. et tu fantasmes une sexy dance avec Beyoncé
K. 21:21:24, 27/11/2006