jeudi 31 juillet 2008

Memory Lane


Comme le faisait justement remarquer Bob, Hulk avait un tout petit nez. Ce n'était pas ses muscles ou sa taille, ni même sa couleur ou la taille son slip qui fascinait chez lui, mais bien son petit pif, collé sur sa grosse tête. Comment peut-on avoir une tête si grosse et un nez si petit, me demandait Bob ? C'est sans doute pour répondre à cette question que François Sagat, hardeur ultra-reconnaissable par son cuir chevelu tatoué, dont Les Inrocks avait fait le portrait en 2006, était venu voir le film en compagnie de son crew, 5 ou 6 bears très rigolo (en tout cas ils riaient beaucoup). Vision surréaliste (surtout quand on connait l'histoire de Sagat).
Le film est une agréable surprise, plutôt de l'avis de GM que de celui de JML et Momci (plus pertinent sur Hancock et Wanted - on voit que c'est le boss du cinoche d'action en lisant sa critique quand même, il faut que je parle de cet excellent film d'ailleurs). Pur plaisir de série B sans ambition ; comment être déçu de quoi que ce soit quand on a pris la peine de lire le nom du réalisateur sur l'affiche ? Pas de déception, que des bonnes surprises au contraire : Letterier se débrouille bien, mise en scène au carré, efficacité narrative (la première demi-heure d'exposition, exemplaire de rapidité), un peu d'humour (pas assez toutefois). Quelques belles scènes même : contrairement à GM, j'adore la contre-plongée sur l'hélico qui s'écrase - eh c'est une blague cette histoire d'impact écologique ? ; Liv Tyler (je t'ai toujours dit qu'elle était nulle) qui donne un pantalon violet à Norton plus 2 ou 3 plans sur elle (je me souviens d'un changement de focal pas mal) ; la scène King Kong ; toutes les scènes avec Tim Roth, cabotinant juste ce qu'il faut, avant qu'il ne se transforme en villain le plus vilain de l'histoire, crap ; Tim Blake Nelson, enfin, qui m'a beaucoup fait rire, pas toi ? Que Leterrier ne sache pas quoi faire des sentiments, certes, mais peut-on lui en vouloir ? Il a au moins la politesse de ne pas s'épancher, de ne pas mentir sur la marchandise. Le combat final est raté, quoique le corps-à-corps final est assez drôle et jusqu'au boutiste dans son esthétique bear.
Julie fait remarquer que l'équipe technique y est sans doute pour beaucoup : le chef op' et monteur de McTiernan, la productrice de Cameron... ça change de la team Besson, forcément. Ca ne lasse d'ailleurs pas de me surprendre cette capacité d'Hollywood à jouer en équipe.
As-tu remarquer comme on voit très peu Hulk dans les 45 premières minutes ? Supposé inertique (et il l'était chez Lee, malgré ses sublimes sauts de cabris dans le désert), il est au contraire ici léger, rebondissant, furtif. C'est presque Spiderman. Dommage que ça ne dure pas plus.

***

Ton histoire de "structure électrique à nu", t'as été la chercher où ? T'avais rendez-vous avec un technicien EDF et tu t'es dit "tiens, ça pourrait faire une critique" ? C'est quoi le prochain coup : un film hybride à la "plomberie apparente" ? le ciné-ramonage comme praxis ? la méta-pisserie du cinéma de surface ?

***

Pour me consoler de la médiocrité de son dernier album, j'ai réécouté le premier album de Nas, Illmatic, toute la journée, et c'est la première fois que je réalise à quel point c'est immense :


Découvrez Nas!


***

Premiers résultats de Google Analytics, voyons ça :
- 94 visiteurs uniques, c'est un peu plus que ce que j'espérais. L'un d'entre eux s'est connecté 8:46 minutes depuis le Cambodge : t'es repéré.
- Source du traffic, c'est le plus intéressant : 60% d'accès direct, 33% de sites référents, et 7% de moteurs de recherche. Le site qui me ramène le plus de monde, c'est rsc, suivi de mouches d'eau. - Les requêtes google : ça reste assez classique, avec quand même un petit "jack tyler le demon" et un "john b root ludivine". Et un "Kaherk" ?! Qui tape Kaherk pour se retrouver sur mon blog ? C'est toi qui fait de l'ego surf ? Combien de temps avant une requête Hulk fucks François Sagat ?

***

En parlant de ça, je m'en suis fait un petit (tu te souviens de l'époque où, envieux, on écoutait Benedict et Tessé nous dire qu'ils tapaient leur nom dans google pour savoir si on parlait d'eux). Première bonne surprise (décidemment), j'ai dépassé les 1000 réponses (comme je te latte avec tes 324).
Surtout, j'ai débusqué ma première "fan". J'ose pas mettre le lien (t'as qu'à le trouver toi-même si t'es cap - putain je sais que déjà en train de le faire...), mais en gros elle raconte que j'étais assis à côté d'elle au festival de La Rochelle et que je discutais boulot avec mon pote (Hélier, en l'occurence) et que c'est comme ça qu'elle m'a reconnu et que j'ai l'air plus jeune que ce qu'elle imaginait (j'écris comme un vieux, c'est ça que ça veut dire ?). Et y'a un mec qui répond en commentaire : "non, c'est pas vrai ? JG ! Alors il est comment ?". Et là, pas de réponse... Si ça se trouve, elle me hait. Ma première fan me hait, peut-être.
Et un autre gars, MB, qui sur le blog objectif cinéma, parle de moi dans une parenthèse, sans que je comprenne bien l'objet de sa remarque. Est-il ironique ? Je lui avais, je m'en souviens, envoyé un texte sur les Farrelly qui l'intéressait éventuellement alors qu'il écrivait un livre sur eux, il y a 2 ans déjà, et il ne m'avait jamais répondu, malgré mes relances multiples. J'en déduis qu'il a laissé tombé son livre.

(archives perso)

***

Ben en fait je suis déçu, copyright Goldberg
JS, 01 : 43 : 27, 24/0608

mercredi 30 juillet 2008

I wish i could swim like dolphins can swim

Ca me rappelle que certains (super) héros ont plus de classe que d'autres.



(you get it ?)

***

J'essaie ça, je ne sais pas si c'est une bonne idée, dis-moi.

*WALL-E : Monstres & Cie (2002) et Le Monde de Nemo (2003) semblaient, pour un temps au moins, avoir posé d’indépassables jalons dans le domaine de l’animation numérique. On pensait le studio Pixar depuis assagi... la suite

*X-FILES (ça me tue qu'Allociné mette 2 étoiles pour ce film que j'adore, autant que Prom Night qui est nul, nul au sens Ch'tis du terme : absence de cinéma, niveau 0, ce qui est certes mieux que niveau -1 ou -2 mais ne mérite pas 2 étoiles...) : Que faire de plus ? C’est sans doute ce qu’a dû penser Chris Carter le 11 septembre 2001, alors même que sa série X-Files s’arrêtait après neuf ans de domination télévisuelle écrasante. Lui qui avait passé la décennie à prophétiser l’ère du complot généralisé était dépassé par la réalité... la suite

*PROM NIGHT : Elles se cachent sous le lit, il les attend, tapi dans le placard : en 2008, les règles du slasher movie n’ont pas changé. Prom Night manifeste un tel acharnement à rester dans le cadre, ... la suite

*MAD MONEY (allez-y, j'aimerais avoir des avis) : Mad Money est l’exemple type de ces films américains moyens, non dans leur qualité (au contraire), mais dans leur approche à pas feutrés d’un genre... la suite

*MR WOODCOCK : Se souvenir de l’épisode magnifique de Freaks and Geeks où le prof de gym tyrannique sortait avec la mère de l’élève traumatisé, pour comprendre où se situe l’échec de Monsieur Woodcock... la suite

***

C'est incroyable que rien de définitif n'ait jamais été écrit sur Hong Sang Soo, même dans les Cahiers. Quelqu'un a quelque chose à proposer ?

Rien à voir, mais formidable article de Benedict sur le meilleur film de l'année.

***

C'était bien ZZ Top ?
JS, 11 : 33 :46, 11/07/2008

Mr and Mrs (Will) Smith

(Hancock vs. ?)

Jessie me l'avait bien dit, Han cock sucks (je viens d'installer google analytics, faut rentabiliser). Je l'aurais cru tout de suite s'il n'avait pas hystérisé sur la mise en scène "immonde" de Seuls Tow (je maintiens que c'est à mon avis faux, disons qu'elle est seulement dans la moyenne, et que le film est malgré tout formidable, sans doute le meilleur film français vu cette année, Cap Nord mis à part). Suite à cela, je pris à la rigolade son emportement contre l'homophobie latente du film (Hancock) ; il avait pourtant raison.

Partant avec un bon a priori suite à sa série Friday Night Lights, à l'avis positif (mais non détaillé) de D.Chou, et malgré la médiocrité de The Kingdom (j'étais prêt à le revoir) je pensais trouver dans Hancock les arguments pour le contrer, pour retourner son argumentaire d'une façon ou d'une autre (pardonne mon orgueil). J'y ai cru, vraiment cru, pendant 20 minutes, de très loin les meilleures du film, celles où Mme Hancock se réveille et semble assumer, un instant, sa condition de super-héroïne. Cela donne lieu à une poignée d'excellentes scènes de screwball comedy entre Will Smith et Charlize Theron, scènes poussées à leur absurdité lorsque, par leurs chamailleries, ils provoquent un mini-cataclysme sur Los Angeles. Au lieu de les retrouver au lit, le mari (Jason Bateman) les retrouve en pleine rue, sous la neige qu'ils viennent de faire tomber, au milieu des décombres. Ca me rappelle l'excellent Mr and Mrs Smith qui transposait lui aussi, d'une certaine manière, la screwball dans le champ des super-héros et parvenait à établir ce sur quoi Hancock échoue lamentablement, sitôt passées ces fameuses 20 minutes : émanciper son héroïne et mettre en danger la virilité surfaite de son héros ; avec, de surcroît, un style autrement plus abouti qu'ici. Entre la fluidité de Liman et la tremblote de Berg, effective seulement de temps à autre, lorsqu'elle s'appuie sur de la (belle) musique par exemple (on ne peut pas lui enlever ça), le choix est vite fait (c'est drôle comme la mise en scène de Berg passe très bien à la télé, pas du tout au cinéma).

Que voit-on dans Hancock (spoilers) ? Un super-héros hobo qui vit heureux (en tout cas si le bonheur est l'absence de malheur) jusqu'à qu'un crétin de pubard idéaliste le convainque de devenir politiquement correct, policé dans tous les sens du terme, uniforme et aigle dans le dos à l'appui. Il est profondément homophobe (Jessie a raison, toutes ses vannes autour du asshole + les vannes sur les super-héros homo), ne craint dans le fond qu'une chose : qu'on l'encule, puisque c'est apparemment la seule façon de le transpercer. Ok, jusque là, je me dis que tout le monde ne peut pas être les Wachowski, qu'il ne faut pas trop en demander à cet authentique beauf de Berg (tu sais bien que j'ai un faible pour les beaufs américains), et qu'après tout, il m'est sympathique ce héros qui rote et qui pète. Puis intervient le coming-out de Charlize, la révélation (le coup de foudre au rayon Pampers, c'était bidon), l'affirmation (dans la caravane) que Madame a de plus gros pouvoirs que Monsieur (on demande à voir), la belle promesse, enfin, que le film va se détourner de son éloge du formatage. Et plouf : on apprend à l'hôpital que Charlize, toutes ces années, n'a fait que seconder le gros Smith, que veiller à sa survie, et qu'elle entend bien continuer. Dans la scène finale, très ratée (tu y crois une seule seconde à ces méchants toi ?), le mari picole et c'est la femme qui trinque (tu vois de quoi je veux parler). Retour à l'équilibre : Hancock à NY avec son aigle (Giuliani's touch) à arrêter les petits truands du Bronx ; sa meuf au bras du pubard, heureuse qui comme Ulysse de lui raconter qu'Attila louchait ; et le brave pubard, enfin, qui tire littéralement des plans sur la comète, puisque c'est le seul endroit où l'on acceptera son plan de sauvetage du monde (qui passe nécessairement par de la pub, note bien).

Move Bitch !
Get out the way, get out the way, bitch, get out the way
(au moins comme ça c'est clair)

***

Tiens, Monstre, si tu passes par là, this is for you :

Put your hands up in the air, it's a stick up !


Découvrez Kelis!


***

I know. Un massacre. Un génocide. Un bonheur. En boucle. En shuffle. En crème de jour. En paté pour chien.
AB, 22 : 18 : 02, 27/07/2008

***

Pas de nouvelle de D.Chou. Bonnes nouvelles ?

jeudi 24 juillet 2008

All the real girls


La première scène de All the real girls, mythique :




Une scène de danse très belle, de 3'30 à 5'45 :


Une sorte de clip, qui pourra paraître emphatique à certains (Mogwai fear Satan + paysages malickiens + plans d'usines + ouvriers au travail) mais qui me touche beaucoup, sans doute aussi au regarde de ce qui le précède.



All the real girls, donc, de David Gordon Green. Encore un peu de mal à en parler sereinement. Vince et Jessie m'ont dit qu'ils n'aimaient que moyennement, qu'ils trouvaient ça lourd, voire psychologisant. Are they blind ?

***

Du coup, ça fait monter les attentes concernant Pineapple Express sans doute trop haut (en gros, the best film ever ou rien). On risque d'être déçu. David Gordon Green + Apatow + Rogen + Franco, ça frise l'overdose rien qu'en le disant, alors en le voyant... On verra.


And it all suddenly makes sense

Je te conseille d'aller voir Mad Money, de Callie Khouri, avec plein d'acteurs pas très fréquentables mais plutôt bath (Queen Latifah, la femme de Cruise, Diane Keaton). Des nanas y détournent du pognon à la banque où elles travaillent comme femmes de ménage et se demandent quoi en faire : l'utiliser et risquer de se faire coincer, ou le cacher et donc ne pas en profiter. Le film n'exploite pas aussi bien qu'il le pourrait cette idée, mais j'aime malgré tout comment il s'en dépatouille, à pas feutrés. Le type qui joue le mari de Diane Keaton, Ted Danson (Arthur Frobisher dans Damages) est excellent. Idem pour le copain de Katie Holmes et de Queen Latifah. Le film est centré sur les femmes, mais les hommes existent aussi, ne sont jamais des faire-valoir d'un message féministe appuyé (Khouri est la scénariste de Sailor et Lula...).

Mr Woodcock, je trouve assez médiocre, à l'exception de 2 ou 3 scènes (celles avec Amy Poehler, Sarandon en Prom Queen...), mais j'aimerais avoir d'autres avis. Vincent trouve que c'est coolos et que je suis passé à côté. Ca me ferait mal.

Medieval Pie, oublie.
***

(from jessica's blog)



Kings of convenience + Wes Anderson + Napoleon Dynamite

***

C'est fou comme il est difficile de trouver un bon dentiste à Paris. Le mien, par exemple, le nouveau, pour remplacer l'ancien parti à la retraite (me dit la concierge), il avait l'air très bien lorsque je lui ai serré la main. La présence dans la salle d'attente de vieux numéros du Figaro Madame - où je lis, effaré, que Holden Caulfield est le personnage de roman préféré de Nicolas S. ; y'en a qu'ont peur de rien ; ça vous fait un point commun - n'étant pas une raison suffisante pour disqualifier un dentiste, ou alors il faudrait en disqualifier les 6/7e, je m'allonge confiant dans le fauteuil. Le type allume la télé : journal de 13h de France 2, ça part sur l'histoire du mec qu'a oublié son gosse 8h dans la voiture (il en est mort), et le dentiste dit "bon dieu, c'est quand même fou ces mecs qui oublient leur gosse dans la bagnole. Comment peut-on faire ça ?". L'affaire aurait pu en rester là. Sauf que le type, prononçant ces deux phrases, a exactement la même élocution que... Nicolas Sarkozy. Pareil. Le même phrasé, le même accent, la même façon de traîner sur certains mots, "comment" par exemple. Imagine le truc "cooommment peut-on faire ça", avec un petit accent pied noir. Et là, toujours allongé, je le regarde lui, penché au dessus de ma bouche, sa fraise en main, et je réalise, tel une épiphanie, que le type n'a pas seulement la voix de Sarkozy : il en a aussi les traits ! Ca ne m'était pas apparu avant qu'il ouvre la bouche, et soudain je me retrouve la bouche ouverte avec Sarkozy en train de me refaire un plombage qui a sauté (oui, ça arrive). Et je repense à cet édito de Jean-Marie Durand, "Sarkozy dans les têtes", un truc comme ça, et aussi à Aphex Twin dans Windowlicker, et aussi à la fameuse scène de Being John Malkovitch, et,

J'ai toujours mal aux dents.

***

D.Chou déchire ; mais il a maille à partir avec les autorités locales, semble-t-il.

vendredi 18 juillet 2008

Beauty still exists

Pas grand chose à raconter. La semaine a été assez pauvre, cinématographiquement, et j'ai toujours un retard sans doute impossible à combler sur les sorties récentes. Je ne vois que les 2 ou 3 conneries que je chronique par semaine, conneries auxquelles j'attache beaucoup d'importance ceci dit.

Si, X-Files ce matin. C'est border nanar, un scénario impossible, une sorte de remake des Yeux sans visage avec un couple de gays russes à la place du couple père/fille (j'en dis pas plus car il y a un suspens), une histoire vraiment débile donc, série Z plus que B, avec un docteur frankenstein tout droit sorti d'un album de Canardo, un prête catholique pédophile et voyant, un ex-enfant de choeur russe sodomite et irradié, des dialogues crétins sur Dieu, la vie, la mort... et pourtant une vraie oeuvre de metteur en scène, Chris Carter, le Hitchcock des 90's comme dit Skorecki, disparu de la circulation depuis 5 ou 6, qui revient avec ce truc très modeste (rien à foutre des extraterrestres et complots gouvernementaux, juste un commentaire de 2s sur Bush, le plus beau jamais fait en 8 ans - promis), bancal, fragile et truffé de trouvailles visuelles, qui est parvenu à me foutre les chocottes à 2 ou 3 reprises (alors que ça n'arrive jamais - je ne crois pas à la peur au cinéma, c'est une illusion de peur, bref). Et Carter traite ça le plus sérieusement du monde (comme à la grande époque de la série, donc), sans rien concéder aux réflèxes de petits malin (on imagine un tel scénario dans les mains d'Alex de la Iglesias). Ce qui empêche X-Files d'être un grand film, c'est l'absence d'empathie, et donc d'émotion, pour les méchants, Carter ne s'intéressant qu'à Mulder et Scully, alors que le drame, ce qu'il y a de potentiellement plus beau, c'est bien l'histoire de ce couple gay, "married under the law of massachussets" dixit Xzibit qui tient un petit rôle (si c'est la pas la preuve que c'est un bon film ça..).

Mon projet secret de la rentrée (que la moitié des 10 lecteurs de ce blog doivent connaître...) avance un peu, plus la semaine prochaine sans doute. Sinon, pas mal d'opportunités professionnelles s'ouvrent, c'est bien aussi.

***

Je voulais surtout que tu écoutes ça :


Découvrez N.E.R.D.!


J'aime beaucoup, surtout le break au piano ultra-cheesy, qui se transfigure à la moitié quand le rythme et le gimmick de saxo reviennent, préparant le retour du banania theme, très peanut and butter jelly time (tu trouves pas ?)



Le reste est totalement inécoutable, un des pires albums de l'année, à s'en faire saigner les oreilles. Je ne sauve que ça (très brit pop) :


Découvrez N.E.R.D.!


C'est fou, si même Pharrell se met à faire de la merde, c'est que le monde va très mal. Chaque choix que fait l'humanité est systématiquement le mauvais depuis quelques temps. Et tu vas voir que : McCain va devenir Président, Burdeau va rester à la tête des Cahiers, et ainsi de suite...
On avait toujours l'art, mais si même Pharrell déconne...

***

Pour finir sur une note d'optimisme, forcément vintage, beauty still exists, la preuve ici :
(le reste ici)


***

Ah, au fait, D.Chou va super bien, il a fait le deuil de sa peau, enfin. Il a acheté une caméra et s'apprête à faire un film, un mélange entre Honor de Cavaleria, En avant jeunesse et S21. Il se la péterait pas un peu des fois ?
Bonne chance !

jeudi 17 juillet 2008

Incorrigible

Soft as snow (but warm inside)



Stupeur et bourdonnements. La foule, peu compacte, du Zénith reste hagarde tandis que les enceintes se taisent – sans doute à jamais – et que la lumière se rallume, concluant 1h40 d’un concert marqué par des problèmes techniques (voix mal réglées, pannes successives) qui n’éclipseront toutefois pas le cataclysme vécu. My Bloody Valentine, reformé pour une poignée de concerts, vient de jouer le mythique You made me realise et son wall of sound de 25 minutes, pure décharge de bruit blanc à 120 décibels faisant sauter les limitateurs et rappliquer la police – on est en France, ne pas l’oublier… Immense plaisir de constater que ces 17 ans d’errements, rompus seulement par les compositions de Kevin Shields pour Sofia Coppola (présente au concert), n’ont pas entamé la jeunesse du quator : Shields, à droite sur scène, cache toujours ses yeux (baissés) sous une longue tignasse ; Belinda Butcher, à gauche devant des images floues rappelant leur univers visuel, reste aussi belle et envoutante que par le passé ; et la session rythmique de Debbie Googe et Colm O Cíosóig, en retrait, cadre parfaitement les saillies des guitares noise. Après un timide I only said, le groupe enchaîne avec une colère rentrée ses classiques : When you sleep, Only Shallow, Soon, Feed me with your kiss…. Pour beaucoup, My Bloody Valentine est resté synonyme de rêverie adolescente, d’extase auditive, allongé sur un lit à contempler des posters de Debbie Harry, et de mélodies sublimes noyées sous des déluges abrasifs – un truc un peu autiste en somme. Ce soir-là, malgré les empêcheurs de bruiter en rond, Kevin et sa bande leur ont offert le plus cadeau possible.

Une chanson assez rare, pas jouée durant le concert, que j'aime beaucoup:

mercredi 16 juillet 2008

Racer X

Résultat des courses

Un peu de texte pour accompagner cette image, finalement.

Je viens de terminer un cycle cinéma porno, pour le numéro spécial sexe des Inrocks du mois d'aout (avec mon collègue Léo), et j'en sors un peu chamboulé, comme lors de ma découverte éblouie des films de danse (encore merci stance:)). Je connaissais certes déjà le porno, et même le porno de qualité (merci benedict), mais je ne m'étais jamais posé sérieusement la question de l'écriture sur le porno. Or peu de choses me semblent plus intéressantes aujourd'hui que d'écrire sur le porno, sérieusement, pour sortir le genre de son ghetto critique.
Trois découvertes ont présidé à cette envie :
- Pornostars, fragments d'une métaphysique du X de Laurent Sutter, un petit recueil d'aphorismes tentant d'expliquer, avec moult références doctes mais sans jamais être cuistre (grâce à l'humour), la grandeur de la pornographie, dernier lieu de contemplation esthétique pour qui sait s'y adonner.
- Les films de Jack Tyler, qui tient depuis 2004 un blog ici. Sa production est globalement de qualité, comparable à celle de John B.Root, mais il a réalisé un film particulièrement beau, malgré quelques réserves (notamment l'incapacité à créer de vrais personnages, défaut commun à tous les films porno), Le démon.
- Le dernier film de John B.Root, son premier depuis 3 ans, Ludivine. Il est un peu raté, encore un peu conventionnel à mon goût, mais ce qu'il révèle sur son auteur est assez touchant, et unique dans le paysage français (à l'exception de Tyler, justement)

J'espère donc avoir le temps, et le courage, de critiquer, ici-même et régulièrement, des films porno.

jeudi 10 juillet 2008

Elle a passé tant d'heures sous les sunlights

Je n'ai jamais aimé Scarlett Johansson, et, longtemps, j'en ai ignoré la raison, devant subir, impuissant, la hargne de ses fans, vraisemblablement sous hypnose collective. Pourquoi suis-je le seul homme sur terre, semble-t-il, à ne pas gouter la pulpe de ses fameuses lèvres, à ne pas succomber à ses yeux de biche, à la trouver surestimée, même dans les supposés sommets que sont Lost in translation ou Match Point ? Le clip de sa chanson, Falling Down, vient enfin de me donner la réponse, et je remercie son réalisateur Bennett Miller (qui a également signé Truman Capote) d'avoir su, le premier, me rendre Scarlett désirable.

Qu'y voit-on à première vue ? La star lors une journée de tournage (une pub, au Japon), trimbalée de berlines en plateaux, d'hôtels de luxe en rues éclairées au néon, références évidentes à Lost in Translation. Même le motif de l'amant plus âgé y est répété, avec Salman Rushdie à la place de Bill Murray. Le génie de Bennett Miller est pourtant d'avoir dépassé le concept de remake accéléré pour parvenir à effleurer, miracle, l'âme de son modèle, à l'effeuiller, enfin. Comment ? En filmant les propres songes de l'actrice et non les fantasmes que l'on plaque habituellemnt sur elle. Dans le clip de « The deal goes down », extrait du dernier album de Bob Dylan, Miller s'était contenté de filmer, assez complaisamment, Scarlett telle qu'on la voit toujours : pin-up fifties, lunettes de lolitas, moue à la Marylin... Prenant acte de cette impasse, il effectue le mouvement inverse avec Falling Down. Cette journée en accéléré n'est en effet qu'un rêve, ce que suggèrent les premiers plans sur un tunnel routier et des yeux fermés (d'inspiratiion plus lynchéenne que coppolienne), ainsi que l'entrechoquement abstrait d'images de tournage, de voyage et d'enfance, bribes de souvenirs mêlés. Et, dans ce magma, une image revient plusieurs fois, presque de façon subliminale : celle d'un moustique, énorme, le genre qu'on croise dans le bayou de Louisiane et qui vous pompe le sang jusqu'à la lie.

On y est : Falling down (le clip) raconte comment les hommes (pas une seule femme n'apparait dans le clip), adorateurs aveuglés d'une actrice devenue veau d'or, ne cessent de la vampiriser. On croit voir Salman Rushdie l'embrasser dans le cou ; on se trompe, il y plante ses crocs. La belle a passé trop d'heures sous les sunlights et peine, désormais, à soutenir tous ces regards fascinés. Ne voyez-vous pas, semble dire Miller, qu'en l'idolâtrant ainsi vous l'étouffer ? Parce que jamais Scarlett n'est apparue aussi fragile qu'en reprenant son souffle derrière la vitre teintée d'une limousine, parce que jamais sa voix n'a été aussi bouleversante que noyée sous le marécage sonore du producteur David Sitek, parce que jamais son visage n'a été aussi beau qu'avant d'être fardé pour une séance photo, Falling down est bel et bien son chef d'oeuvre. En 3 minutes et 58 secondes, pas une de plus.

mardi 8 juillet 2008

Hot Voodoo

Rentré de La Rochelle ce matin, après une nuit blanche en compagnie de Marlene Dietrich : L'ange Bleue, L'impératrice rouge, Morocco, Ange, Rancho Notorious - ce dernier étant mon préféré des cinq, suivi de près par Morocco. Orgie de Ray (me manquent encore quelques essentiels que j'espère voir très prochainement : Party Girl, Amère victoire, In a lonely place) et découverte du Passe-Montagne de Stévenin (gros choc). Un Stroheim par ci, un Sternberg muet par là, quelques Herzog (rendez-vous manqué, c'était tellement prévisible, le 2e cinéaste préféré de Kaherk après Fellini, forcément...). Ca fait beaucoup pour un seul homme, en 5 petits jours. Les top11 vont tournoyer dans les jours qui viennent...

***

Comment tu peux préférer Sternberg à Ray ? En vérité, je comprends, même sans avoir vu les 2 Shanghai. Morocco suffit à la limite, non ? Je veux dire, la scène où Dietrich embrasse la femme du public et juste après, elle offre une fleur à Cooper, c'est une des plus belles scènes de la décennie, forcément. Ca m'a fait penser à cette photo de Victor Victoria postée chez IU l'autre jour et que tu aimais tant.



Et ces chaussures blanches de D. abandonnées sur le sable. Et cette roulade de C. pour échapper aux balles que, invincible, il ne cherche finalement plus à esquiver, suivie d'un salut rapide à son compagnon tombé, lui. Et on pourrait en citer dix, des détails comme ça, qui justfient à eux seuls la grandeur de Sternberg.

Mais Ray, tout de même... Johnny Guitar, le plus beau western, ever, malgré le personnage détestable d'Emma, Les indomptables avec Mitchum et Arthur Kennedy qui joue dans la cour des meilleurs Hawks (t'en connais beaucoup des fins plus secrètes et plus belles ?), La forêt interdite, cette fin sublime avec sa réconcialiation empêchée, comme dans pratiquement tous les films de Ray, notamment The savage innocents (le préféré de Skorecki, 1959, étonnant non ? surtout que c'est du pur cinéma filmé), ce film expérimental sur les Inuits avec Anthony Quinn, quand même autre chose que les conneries de la fille B. sur la banquise...

Ca, ça vaut tous les films de Dietrich, c'est presque aussi beau que Bobbie Gentry chez Johnny Cash (similar red dress) (K., tu peux regarder, au moins la 1ere minute sans risquer de te spoiler)



Avant de me coucher (je suis épuisé, pas dormi depuis...), quelques mots du gros Tavernier, dans 50 ans de cinéma américain (tellement content de pas m'en être débarassé, faut garder ça, pour la postérité) :
"On est frappé, en revoyant ses films, de leur côté appliqué, voire conventionnel - je rappelle que c'est Tavernier qui écrit :) - qui a terriblement fait vieillir Les amants de la nuit ou In a lonely Place - comment les films vieillissent, il n'y a que ça qui intéresse Tavernier, l'argument attrape-neuneu par excellence, l'argument des petits antiquaires fétichistes. [Je saute quelques passages trop vulgaires pour même être recopiés ici]... et cette interrogation angoissée, Bigger than life, qui prend maintenant avec l'importance grandissante du problème de la drogue dans la jeune génération, une allure de poême prophétique - Bigger than life résumée à un message anti-drogue, pas mal non ?"

Bon aller, ça ne mérite pas que je me fatigue pour demain. 'Night gentlemen.

***

Porn

mardi 1 juillet 2008

Cap Sud

Grâce à l'article wikipedia sur Bobbie Gentry, j'ai enfin pu mettre un nom sur le genre (littéraire, cinématographique, musical, etc.) américain qui me fascine tant : Southern Gothic.

Bobbie Gentry - Ode to Billy Joe


T'as vu la mise en scène ? Je suis sûr que Spielberg et Shyamalan ont revu ce clip avant de faire leurs derniers films.

S. m'écrivait hier (ou avant-hier, je ne sais plus) que le Sud de Nino Ferrer était une des plus belles chansons faites en France. Je viens de la réécouter, je veux bien le croire.


Découvrez Nino Ferrer!


Et ça ?



Un dernier, parce que c'est vraiment trop bon (ne pas faire attention aux images, bien entendu) :



Cap sud, donc ! (no offense)

***

La mère de M., qui regardait la Dolce Vita sur un autre poste de télé, m'a dit hier exactement la même chose que ce que j'ai écrit ici (y compris le commentaire sur Kaherk), à savoir que c'était chiant, lourd et poseur. Elle est sacrément cool tout de même.

***

D'après toi, peut-on se dire Apa-To-Hawksien, comme on dit hitchocko-hawksien ?
(friendship, girls and happiness)

Et aussi (sans rapport), attendre toujours la dernière minute pour parier et arbitrer - jouer.
(see what i mean ?)
***

Je n'arrive pas à utiliser le projecteur super 8 que j'ai ramené d'Italie. Quelqu'un pour m'aider ?

Suite au crash du disque dur de mes parents, j'ai peur d'avoir perdu ma collec' intégrale de morceaux de Radiohead publiés jusqu'en 2003 (unreleased, b-sides, demos & co). Gosh !
En revanche, je viens de trouver chez eux plein de chouettes vinyles, essentiellement des 45 tours, tout ce que des jeunes sans goût particulier pouvait écouter dans les 60's-70's en France (donc 90% de fricadelle : Sheila, Dick Rivers, Guy Mardel, même un Sardou) et puis quelques trucs tits, connus (Françoise Hardy, Dutronc, Simon and Garfunkel) ou aux pochettes attrayantes (Manfred Mann, Les Teddy Bears...)

Et un seul 33 tours de Nino Ferrer, un best of 16 titres assez moche...

***

Et les gros plans sur le visage de Story, ils sont ratés peut-être ? Kool tes greetings du Michigan. C'est qui G ? C m'a chargé de lui dire si Lady est indispensable.

K. 23/08/2006 14:32:17

Je n'ai jamais pensé à te le dire, mais c'est mon sms préféré pour une raison étrange : à chaque fois, ou presque, que tu m'envoie un nouveau sms, celui ressort miraculeusement et s'affiche comme nouveau message. Du coup, je l'ai lu des centaines de fois.

***

Demain et jusqu'à dimanche : Ray, Stroheim, Sternerg, Herzog et Stévenin au programme, à La Rochelle !