
Stupeur et bourdonnements. La foule, peu compacte, du Zénith reste hagarde tandis que les enceintes se taisent – sans doute à jamais – et que la lumière se rallume, concluant 1h40 d’un concert marqué par des problèmes techniques (voix mal réglées, pannes successives) qui n’éclipseront toutefois pas le cataclysme vécu. My Bloody Valentine, reformé pour une poignée de concerts, vient de jouer le mythique You made me realise et son wall of sound de 25 minutes, pure décharge de bruit blanc à 120 décibels faisant sauter les limitateurs et rappliquer la police – on est en France, ne pas l’oublier… Immense plaisir de constater que ces 17 ans d’errements, rompus seulement par les compositions de Kevin Shields pour Sofia Coppola (présente au concert), n’ont pas entamé la jeunesse du quator : Shields, à droite sur scène, cache toujours ses yeux (baissés) sous une longue tignasse ; Belinda Butcher, à gauche devant des images floues rappelant leur univers visuel, reste aussi belle et envoutante que par le passé ; et la session rythmique de Debbie Googe et Colm O Cíosóig, en retrait, cadre parfaitement les saillies des guitares noise. Après un timide I only said, le groupe enchaîne avec une colère rentrée ses classiques : When you sleep, Only Shallow, Soon, Feed me with your kiss…. Pour beaucoup, My Bloody Valentine est resté synonyme de rêverie adolescente, d’extase auditive, allongé sur un lit à contempler des posters de Debbie Harry, et de mélodies sublimes noyées sous des déluges abrasifs – un truc un peu autiste en somme. Ce soir-là, malgré les empêcheurs de bruiter en rond, Kevin et sa bande leur ont offert le plus cadeau possible.
Une chanson assez rare, pas jouée durant le concert, que j'aime beaucoup:
Découvrez My Bloody Valentine!
3 commentaires:
petit veinard...
si j'avais su !
Cool song, indeed
Putain la chance...
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