mercredi 19 août 2009

L'heure du castor


La ressemblance est atténué parce que j'ai 10 ans sur la photo, mais attends que j'en trouve une à 13 ans, et tu verras, le gosse au début de Persona (existe-t-il soit-disant chef d'oeuvre plus insupportable ? à part Cris et Chuchotement bien entendu), c'est moi. Se voir comme dans un miroir au début d'un film de Bergman est une expérience drôlement perturbante, et qui me permet d'affirmer que j'ai une compréhension de ce cinéaste supérieure à la plupart des gens. So shut up.

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Devant la demande populaire, je me vois obligé de redonner des nouvelles de D.Chou : Il est devenu réalisateur professionnel de films d'institutions à vocation pédagogique à Phnom Penh, et il est sur le point de se marier. Ce n'est pas une blague malheureusement.

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Ben Mad Men, comme tout le monde.

Il y aussi ce Untitled Project de James L. Brooks auquel je pense beaucoup, avec le meilleur casting possible : Owen Wilson, Paul Rudd et Reese Witherspoone.

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Non, en vrai, j'ai surtout envie de parler d'Usain Bolt. La fascination qu'il exerce sur la plupart des commentateurs sportifs ne laisse pas de me décevoir. Il s'agit au fond la même fascination qu'on peut éprouver devant une triple (ou quadruple, ou quintuple, c'est sans fin) pénétration anale : excitation du record, vertige des limites. La question posée par les exploits de l'éclair jamaïcain est ainsi la même que celle posée par les prouesses de la chambre à air rochelaise (Melissa Lauren) : jusqu'où peut aller un corps torturé – torturé car nul ne pourra nier éternellement l'existence d'un relai extra-naturel à l'établissement d'un tel record et de ceux à venir ? Eh bien, ça peut aller très loin, un corps, figure-toi. Et avec le sourire en plus. C'est fascinant, oui, j'en conviens – moi-même, je suis resté bouche bée devant certaines vidéos de Melissa –, mais tout de même, on finit par s'en lasser, ne penses-tu pas ? Car dans sa suprématie sans faille, insolente et semble-t-il illimité (il n'a que 22 ans), Bolt a balayé dimanche soir toute possibilité de concurrence (et pas seulement toute concurrence), et ôté ainsi tout intérêt au sprint pour les quatre prochaines années (pronostic arbitraire). La beauté du sport, comme de la pornographie, c'est la fiction. Sinon, « ce n'est que de la gymnastique », comme le dit si bien John B. Root, qui en connait un rayon. Or la fiction, on le sait bien, commence avec le chiffre deux. Autrement dit, on s'intéresse toujours moins aux dépassements de soi (attrape-montiel, comme on dit attrape-nigaud) qu'aux duels : Lewis contre Powell, Zidane contre Materrazi, Sasha contre Rocco... Bolt, roi seul, n'a plus, et pour longtemps apparemment, d'adversaire dans le viseur, et n'a désormais rien d'autre à faire que repousser ses propres limites, pour le contentement de Patrick Montiel. Il n'y a pas de quoi s'en réjouir.

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"Eli, Eli, lama sabachthani"
J.C., 17/08/09, 00:01

3 commentaires:

jean-sebastien a dit…

hola señor,

quel billet touffu!

entre une hallucinante photo de toi à 10 ans (inoui comme tu ressemble à toi-même, ce n'est pas si courant, sans rire), une révélation sur Davy Chou (c'est une blague?) et un beau texte sur le sprinter jamaicain, je m'incline...

Kaherk a dit…

j'espère que la révélation sur Davy Chou est une blague.

J'espère que ce n'est pas une blague.

Pas lu depuis longtemps un message aussi beau et passionnant sur ton blog. Cool

'33 a dit…

merci kaherk