lundi 12 janvier 2009

L'exercice fut profitable

Eric Libiot écrit la nécrologie de Claude Berri :

"Le cinéma français retrouvait un homme qui fit beaucoup pour lui. Et qui, aujourd'hui, lui manquera. L'un et l'autre, le journaliste et le cinéma, reprendront à leur compte cette belle phrase des Contrebandiers de Moonfleet, de Fritz Lang lorsque, à la fin du film, le jeune John Mohune relate ses aventures à Jeremy Fox en ces termes : « L'exercice fut profitable, Monsieur. »"

Dingue, non ? Terminer une nécrologie de Berri par "L'exercice fut profitable, Monsieur" ne peut pas être un hasard. Il ne peut pas ignorer le contentieux Berri / Daney, et le sens particulier de cette citation pour ce dernier. C'est très fort.
Lire ça aussi (merci Joachim)

Et rien dans Libé ! Enfin "rien"... La couv', tout de même, et des articles (plutôt) élogieux. C'est bien.

11 commentaires:

Ihu a dit…

Si si, il peut l'ignorer, bien sûr.

Anonyme a dit…

M'étonnerait qu'il l'ignore.

'33 a dit…

non, c'est trop énorme. pourquoi cette citation, parmi des milliers possibles ? la probabilité qu'il s'agisse d'une coincidence est trop faible.

Joachim a dit…

Tu veux avoir un contrat sur ta tête pour évoquer, en ce funeste jour, les méthodes du Parrain ?

Anonyme a dit…

Sinon, j'ai trouvé ce lien (clic sur mon nom), mais peut-être l'as-tu déjà débusqué.

Anonyme a dit…

C'est quelque chose entre « le retour de refoulé » et « le refoulement du retour », hein, un truc bien profond qui ressort obscurément sans que le… journaliste réalise ce qu'il écrit — on pourrait appeler ça, euh, « le complexe de Daney » des scribouilleux du cinéma, genre.
(D'autant que le bouquin d'entretien Daney/Toubiana portait la phrase pour titre.)

Moi ce qui me fait le plus sourire c'est que la question posée est : Libiot a-t-il jamais vu « Moonfleet » ? Puisque la phrase en jeu n'est pas du tout prononcée sous les auspices qu'il dit, et certainement pas à la fin du film — mais vers le milieu. Là on dirait vraiment un mec qui rabâche un truc dont il n'a pas idée, d'un film dont il aurait juste entendu parler à gros traits. Rires.

Anonyme a dit…

Evidemment que Libiot ne sait probablement pas ou plus qu'un recueil de textes de Daney (qui n'est pas le livre d'entretiens avec Toubiana, SR, qui lui s'intitule Persévérance)est intitulé "L'exercice..." (c'est un recueil d'inédits paru après sa mort), qu'il utilise une phrase devenue un poncif de la critique de cinéma, en ignorant par quel canal cette phrase est devenue un poncif, et qu'il y a dans ce retour de Daney dans la nécro de Berri un pur effet d'inconscient, qui n'est même pas celui de Libiot, plutot celui de l'histoire ou de je ne sais quel karma. JM

Anonyme a dit…

Ah oui, zut, je les avais lus simultanément, merci.
Et le recueil est cent fois mieux (c'est là qu'il y avait les listes des cinéastes presque classés comme des « caractères » ?)

Mais il a vu Moonfleet ou pas ? C'est ça qui est grave, c'est qu'il ne l'eût jamais vu.

Euh, c'est quoi l'inconscient d'un karma, JM ?

Anonyme a dit…

ma vie, par exemple
jm

Anonyme a dit…

J'en étais sûre !

Anonyme a dit…

chers tous
je dois avouer que vous me faîtes trop d'honneur. 10 commentaires pour savoir si oui ou non le fin de mon article nécro Berri avec la phrase "l'exercie..." était consciente ou pas. Navré chers Ihu et sra mais j'ai bien écrit cette phrase en sachant exactement ce qu'elle signifiait: du film de Lang au titre d'un recueil de textes de daney à l'engueulade entre daney et berri. Désolé il n'y a rien de refoulé juste une pirouette que je trouvais amusante (et je revendique le fait qu'il ne peut y avoir que moi à la trouver amusante).
Quant à savoir à quel moment cette phrase a été pronocée, il me semblait dans mon souvenir -parce que oui désole encore mais j'ai vu Moonflet - que c'était vers la fin. je veux bien imaginer que ce soit au début, mais jusqu'à vérification je laisse le problème en suspens.
enfin cher anonyme,sache que je connais parfaitement le recueil de daney et que j'ai même eu la chance de le connaître brièvement.
je suis ravi que vous preniez de votre temps pour parler de mes écrits mais franchement il y a surement mieux à faire, non?
cinéphiliquement votre
éric libiot