jeudi 23 octobre 2008

Regarde ce qu'ils nous ont laissé, de vieux restes d'idéologies qu'on a toutes vues se planter

J'ai trouvé un bon dentiste, enfin ! Enfin qui a l'air. C'est la première fois que je vais chez un (une en l'occurence) dentiste qui est plus jeune que moi. Enfin qui a l'air.
Ca méritait bien un billet.

***

Je réécoute beaucoup Expérience en ce moment, qui est un peu la demi-suite de Diabologum (l'autre étant Programme, que j'aime moins). Parfois c'est un peu maladroit, limite Saez, mais ça bouleverse à chaque fois. J'y pensais justement en t'écrivant un mail sur youknowwho.

Deux (two lovers ?)


***



Pour ceux qui aiment le jazz

Découvrez Experience!


Pour toi qui, je crois, ne connais pas Diabologum (une de mes 5 chansons préférée) :

De la neige en hiver

Découvrez Diabologum!


***
Je n'aime pas beaucoup le film d'Alan Ball, tu sais. L'archétype d'un cinéma américain adulte, finaud, psychologique, à grand sujet, arrogant ("arrogance cotoneuse" a dit un jour OJ à propos de Six Feet Under), surjoué, un peu cynique sous prétexte d'être satirique (ah, la passion française pour les films qui "écornent le rêve américain"). OJ, encore : "Une haine trop douce maquillée en verdeur buñuelienne traverse SFU. Chaque personne, ultra-typé [ici, on pourrait dire : le métèque plus blanc que les blancs, le prick patriote], n'existe que pour remplir les cases d'une radiographie bien mesurée de la "société en crise". Le film me rappelle celui, bien pire soyons justes (car très mal filmé alors que Ball s'en sort pas mal, malgré sa tendance au chromo) de Paul Haggis : Crash. Tu vois ? Le film de salon, en somme. Le film qui fera bien dans les dîners mondains. Pendant ce temps, Pineapple Express et Step Brothers vont faire, c'est confirmé, une sortie technique...
Reste quelques très bons acteurs : Maria Bello, Toni Colette, l'adolescent noir (qui a un visage incroyable, sorti d'un clip de boy's band 90's), la gamine (monocorde mais fascinante) et surtout Aaron Eckhart que j'aime décidemment beaucoup et qui arrive à rendre aimable son personnage pourtant rabaissé de bout en bout par le scénario. Le père libanais, en revanche, est très mauvais (c'est Oliver dans SFU, et je ne l'aimais déjà pas).

mardi 21 octobre 2008

G.L.A.M.O.R.O.U.S.

Mon passage préféré de GG, so far :



(si après ça, tu ne t'y mets pas immédiatement, je ne te comprends plus)
(je le repasse en boucle et reste admiratif de la finesse de mise en scène (la diffraction dans les miroirs par exemple) et de montage (le zoom cut à la fin))

Et l'originale de Fergie, très belle aussi :


Découvrez Fergie!

dimanche 19 octobre 2008

Cigarette Paper






et aussi ça et ça

Single Ladies

Je t'en prie, vote pour le film que tu préfèrerais voir en premier au Breakfast Comedies at Ursuline's, c'est important.

***
T'as vu le dernier plan du clip ? Incroyable hein, ça confirme toutes mes théories sur Beyoncé. Je brûle d'envie de voir la suite...


J'aime ! (à suivre)

jeudi 16 octobre 2008

BCC@U's

Le cine-club de comedie americaine, qu'on prévoyait (avec SBJr) de commencer en octobre va finalement voir le jour en Novembre (la date reste a fixer). Et se poursuivre, au pire un trimestre, une année si ça marche. Ce sera au Studio des Ursulines.
Il nous faut un nom, si tu as une proposition et qu'on la retient, tu gagnes ta place gratuite pour l'année...
La difficulte principale n'est pas de convaincre les détenteurs de droit (qui sont pour l'instant très coopératifs) mais de trouver les films qui existent en 35mm VO bon état et dont les droits ne sont pas tout simplement perdus dans la nature. Ce qui est le cas pour la plupart des Blake Edwards par exemple...
Pour l'instant, l'option DVD n'est pas disponible, pour plusieurs raisons, mais j'espère les faire changer d'avis. Sans quoi, on n'ira pas très loin avec le concept de comédie rare ou inédite (impossible de montrer, en 35, Napoleon Dynamite ou Fever Pitch en VO, par exemple). Dis moi ce que tu en penses, mais moi ça ne me gene pas de voir un DVD en salle si je sais que c'est la seule solution et qu'on me prévient.
Dans l'immédiat, j'hésite sur le film à montrer en premier. J'ai 4 possibilités, dis-moi ce qui te ferait le plus plaisir pour commencer (laisse un commentaire, vraiment, j'ai besoin de savoir) :
A night at Roxbury / Osmosis Jones / Cable guy / Super Nacho

mercredi 15 octobre 2008

GD

Depuis tout à l'heure, j'essaie d'écrire ces deux ou trois feuillets que j'aurais préféré ne jamais avoir à écrire, tu l'imagines, et les mots ne viennent tout simplement pas ; je t'envoie donc ce mail, peut-être que ça m'aidera.

Je regarde des vidéos de lui sur Dailymotion (tellement élégant face à Cauet), je lis le beau texte que lui a consacré Azoury dans Libé ce matin, je lis quelques déclarations plus ou moins heureuses (Albanel : "Personnalité riche et complexe, GD (...) en ayant beaucoup donné à sa passion pour le cinéma", peut-on faire plus nul que ça ?), et je regarde avec envie cette foutue mini-cassette qui conserve encore, je l'espère, une bonne partie de nos premiers échanges dans un hôtel cannois, en mai dernier. Hélas, je n'ai pas de quoi la lire - tu te souviens du fou rire quand je t'ai lu la transcription à l'appart, et aussi quand je t'ai raconté l'histoire du moteur à eau qu'il avait soi-disant inventé et revendu aux Indiens ? Je m'en souviens comme si c'était hier, de la gêne de P.S. (et de la mienne) durant la première partie de l'interview, puis de la tête de l'attaché de presse lorsque GD me demanda de rester un peu, pour discuter. J'ai jamais su, au demeurant, pourquoi il avait voulu que je reste...

Je replonge dans mes notes du tournage, sur lesquelles j'ai finalement mis la main. Je relis quelques phrases inouïes (Bowie c'est moi, c'est pour ça que je ne peux pas le tolérer, tu comprends, c'est un usurpateur), bribes de phrases (Je ne tue pas le père, Je te meurs d'envie), citations (Cioran : les bourreaux sont des victimes à qui on n'a pas coupé la tête), notes cryptiques qui le resteront à jamais (Led Zep - Béatrice Dalle - discussion sur l'amour) et gribouillages que je ne peux reproduire ici (une espèce de serpent qu'il s'était tatoué sur le bras, et un R, tatoué sur son dos, la veille avec un stylo bic ou je ne sais quel instrument de fortune, et qu'il s'était empressé de me montrer dès mon arrivée, fier de lui et tentant de m'expliquer qu'il s'agissait d'une blague contre Carla S ; je n'ai toujours pas saisi la blague). Et puis : "Eruption de volcan", c'est ce qu'il y a écrit tout en bas de ma page.

J'essaie de me souvenir des chansons écoutées sur son ipod ghetto blaster (qui crachait - c'est le terme - aussi bien du Zazie que du Radiohead, du Higelin - qui le fit pleurer à l'écoute de l'Illicite - que du NTM), mais une seule me revient, celle intitulée "Ma liberté". Il l'avait composé et s'apprêtait à la sortir sur son disque. "C'est la préféré de Gérard"

Je feuillette l'exemplaire du J'accuse de Zola qu'il avait tenu à m'offrir, après qu'on écouta, pendant deux bonnes heures agrémentées d'un Canard à l'orange, sa lecture peu académique du texte, enregistrée quelques semaines plus tôt aux Subsistances, à Lyon. Il dévie sans cesse de l'original, part dans d'interminables digressions - sur Sarkozy, la Bosnie, des secret-défenses inavouables -, digressions qui, comme c'est toujours le cas, constituaient le coeur de son propos. Il était très fier de cette lecture publique : elle lui valut, me dit-il, quelques projectiles et invectives de la part "bons gros bourgeois lyonnais". Je le feuillette donc, et découvre qu'à la dernière page, il avait écrit (à moins que ce ne soit R... c'est plutôt une écriture de femme) une adresse de restaurant et un petit plan pour y arriver. Oui, c'est sans doute R. qui l'a écrit : imagine-t-on GD dessiner un plan pour trouver un restaurant ?
"Monsieur le Président, Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches."

Je pense aussi à Far From Manhattan.

Je relis enfin le mail qu'ils m'avaient envoyé il y a un peu plus d'un mois, lui et sa compagne, pour me dire qu'ils étaient en Roumanie, que ça allait plutôt bien, malgré la chaleur et la fatigue, et que l'essentiel était que "chaque semaine (les) rapprochait de la musique". Et je repense à ce coup de fil surréaliste, reçu quelques minutes après la lecture du mail, alors qu'il débutait son tournage à Bucarest le lendemain, où il m'ordonnait, m'engueulant presque, de regarder Eurosport, le grand prix de moto GP où concourrait Valentino Rossi, et de lui donner le résultat dès que possible. S'il gagne, dit-il, je me tire, je rentre. Et Rossi gagna. Et le texto fut envoyé. Et il n'eût jamais de réponse.

J'aurais préféré qu'il tienne parole, ce con.